400 LA REVUE SOCIALISTE et de co111bicn il vit, comment il vit, ce qu'il met de côté, quels sont ses cnaaacmcnts et ses dettes, si ses affaires vont bien ou mal. Et quant t, t> à des opérations dans le genre de celle dénommée inventaire obligatoire au décès et qui consiste :'t envahir le domicile de l'individu au moment de sa mort, à ouvrir ses tiroirs, fouiller ses papiers, dresser rétrospectivement ses comptes de recettes et dépenses, évaluer l'insuffisance de ses déclarations, et taxer sa succession d'une amende de dix ou quinze fois le montant présumé de cette insuffisance, j'ai beau faire : pour leur trouver de~ analogues, je suis obligé de chercher parmi les opérations pratiquées par l'individu. contre d'autres individus ou contre l'État lui-même qui sont qualifiées de délits ou de crimes et que réprime la loi pénale. Les radicaux nous mènent là, en nous offrant. l'impôt progressif contre l'abandon de la terre à la propriété individuelle; mais les économistes leur ont frayé la voie. Leur impôt personnel impliquait l'ingérence de l'État dans les affaires de l'individu. Ils s'en sont aperçus le jour oü on leur a demandé de contribuer aux dépenses publiques progressivement et non proportionnellement à leur revenu. Cc jour-là les immenses dangers d'un cadastre de la fortune privée leur sont apparus. Alors ils ont abandonné en toute hâte l'impôt unique et ont couru se réfugier dcrriérc l'impôt multiple de i\l. Thiers en affectant de récriminer contre les socialistes. Un franc aveu d'irréflexion et d'erreur cùt été plus honorable, mais non plus explicite; et la critique pourra juger leur science d'un mot en la mettant au niveau de leur prétendu libéralisme. Taux de progression indéfiniment croissant en raison, d'une part, de l'augmentation des depcnscs résultant des empietcmcnts non réfrénés de l'Ét:it dans la sphcrc des intérêts privés et, d'autre part, de la diminution des recettes provenant de cc quc l'individu, atteint dans sa propriété et dans sa libtrté, se dérobe ou se décourage; par conséquent, base du revenu public toujours <le plus en plus étroite, finissant par disparaître peu à peu ou même venant à manquer tout à coup dans une crise; voilà pour cc qui est de la valeur financière de l'impôt progressif. Une telle combinaison se jugerait' d'avance, sans qu'il fùt même besoin de l'essayer, si notre science avait une méthode et des principes. Mais la médecine du corps social en est encore au point où en était celle du corps humain quand un médecin, dans sa salle d'hôpital, décidait de saigner tous les malades de droite et de purger tous ceux <legauche. C'est à peu près dans ces conditions qu'on nous gratifie de l'imp6t multiple cn-dccà de la frontière et de l'impôt progressif au-dela. Eh bien, soit! Attendons les résultats de ces experirne11taiu anima vili: ils seront pcut-<.!treaussi décisifs d'un côté q_J.1dee l'autre. LÉON' w ALRAS. (Lafi11 au prochain 1111111éro.) •
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