LE PROBLÈME FISCAL' 391 était en e.tat de tenir au besoin sa place à !'Opéra-Comique, à raison de 500 francs par soirée, deux fois par ·semaine, ses facultés personnelles ont la valeur correspondante à un revenu brut de 50,000 francs par an. A cc revenu brut, correspond un revenu net dont l'Etat leur assure la jouissance· sous forme de distraction quand ils ne font rien comme il la leur assurerait sous forme d'occupation s'ils tranillaient. En conséquence, de deux choses l'une : ou procédez à l'estimation des facultés personnelles de M·. le Comte et de Mme la Comtesse ou , , si cette opération Yous semble délicate ou indiscretc, ne Yous occupez pas de celles du casseur de bois et de la cantatrice; ou faites peser l'impot sur les capitaux personnels des oisifs, ou exonérez-en ceux des travailleur-s. Hélas, il ne s'agit plus ni d'impot sur le revenu, ni d'irnpot sur le capital, ni d'impot sur la fortune! Du Iï f<.'.:nicr au 7 avril 1886, M. L<.'.:onSay fit à !'École des sciences politiques huit conférences sur l'impôt dans lesquelles l'élément doctrinal était réduit à l'état d'infiniment petit pendant que l'énumération des faits et les préoccupations de circonstance y p1enaient une place dé.mesurec (1). Par une comparaison de la société avec quatre ounicrs habitant un pays où il n'existe pas de gouvernement, dans lequel, en conséquence, il n'y a de s<.'.:curite ni pour les personnes ni pour les biens, et qui mettent un d'eux en sentinelle pendant que les autres, assures d'être tranquilles, traYaillcnt et produisent, l'auteur s'efforce de démontrer que l'impot doit être proportionnel au revenu, sans prendre, du reste, la peine de dire si c'est au revenu brut ou au revenu net. (T. I, pp. 69 et jO.) Il semble croire que l'impôt assis n'importe comment est « naturellement » proportionnel à la consommation, en oubliant d'ailleurs de se demander si la consommation est égale ou proportionnelle au revenu. (P. ï r.) Et voilà les principes établis. Apres cela, il raconte longuement l'histoire de l'estima et du cafasto de Florence qu'Emile de Girardin nous anit déjà fait connaître d'ap1:es Edgar Quinet, et passe en revue les tentatives fiscales effectuées en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, en Suisse. Puis il conclut que« dans un pays comme la France, « alors que les idées sont aussi profondément troublées qu'elles le sont « en ce moment, on ne peut envisager sans crainte l'établissement de ce « que les Florentins et les Suisses ont appelé le cadastre de la fortune.» (T. II, p. 292.) De quoi il parait résulter qu'il faut s'en tenir à l'impôt quelconque et repousser surtout l'impot progressif. A quel point les idées étaient profondément troublées en France, particuliérement celles des économistes, c'est ce que le Journal des Débats du 23 juillet 1886, annonçant l'ouvrage ·de M. Say au public (1) Les Solutio11sdémocratiquesde la question des i111p6ts. 2 vol. 1886.
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