39o LA RE\'UE SOCIALISTE A coté J'cux, Emile de Girardin réclamait un impàt unique, direct et proporlio1111el non au reYenu, mais n11 capital, et non pas à tous les capitaux, mais aux seuls capitaux fonciers et mobiliers. Au congres de l'impàt, à Lausanne, en 1860, nous avions devant nous ces deux impàts uniques, l'impàt sur le reYenu représenté par Joseph Garnier et l'impàt sur le capital représenté par Girardin lui-même. Ils avaient compté se disputer nos suffrage;; mais, en présence d'une opposition au principe même de l'impàt unique plus forte qu'ils n'ayaicnt cm, on les Yit, <l.1ns la scancc du 27 juillet, fusionner l'un avec l'autre en la mixture hétéroclite d'un impôtdirectet 1111iq11e rnr ln for/111,e « embrassant tous les éléments de la richesse et portant à la fois sur le capital et sur le rnvcnu. » Ce fut alors que je me leYai et que, prenant la défense de l'impàt sur le capital au moment même où son auteur Yenait de l'abandonner, je montrai sa double supériorité à l'égard de l'impàt sur le rcYenu. J'ai pu souvent réfléchir à la question depuis lors, et je suis toujours aussi convaincu sur les deux points dont il s'agit. Si, pour un instai:t, on se met au point de vue de l'impàt-assurancc, qui est le point de YUCcommun de l'impàt sur le rc\'cnu et de l'impàt sur le capital, sans mélange d'aucune autre considération, il est bien clair que le revenu dont les services publics nous assurent l'obtention et la jouissance n'est pas le revenu brut, mais le rcYenu net, c'est-à-dire le revenu brut moins· les deux primes d'amortissement et d'assurance relatives à la certitude de détérioration et aux chances de destruction du capital, lesquelles font rigoureusement partie du capital lui-même; et qu'ainsi, l'impàt direct doit être proportionnel au revenu net, c'est-à-dire au capital. Quant à l'exemption des capitaux personnels de l'impàt, je n'ai pas plus varié dans mon opinion; loin de là. J'ai eu la satisfaction, depuis 1860, de voir des statisticiens faire figurer les capitaux personnels à côté des capitaux fonciers et des capitaux mobiliers dans l'inventaire de la richesse générale des divers pays; toutefois, ils ne le font qû'incompletement, selon moi. Ils ne considèrent comme richesse sociale que les seuls capitaux personnels dont le revenu s'échange contre un salaire, en laissant de càté ceux dont le revenu est consommé directement sous forme de loisir. C'est exactement comme s'ils ne tenaient compte que des terres dont le revenu s'échange contre un fermage et des capitaux dont le revenu s'échange contre un intcrêt, en laissant de côté les terres et les capitaux dont le revenu est consommé en nature par leurs propriétaires: les parcs et jardins, les meubles et objets de luxe. Si M. le Comte, une fois dépouillé de ses 200,000 livres de rente, n'était capable de subsister qu'en fendant du bois, moyennant 4 francs par jour, ses facultés personnelles ont la Yalcur correspondante à un revenu brut de 1,200 francs par an. Et si _Mme la Comtesse, qui chante à ravir pour ses invités,
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