LE PROBLEME FISCAL 389 --------------------------- portionnel et non progressif,» l\L Thiers écriYait ses chapitres [\' et\' dans lesquels il prouvait:« Que l'impôt, avec le temps, a pour tendance essentielle et utile de se diYersificr à l'infini,» et: « Que l'impàt se répartit:\ l'infini, et tend à se confondre avec le prix des choses, au poi~t que chacun ën supporte sa part, non en raison de cc qu'il paie à l'Etat, mais en raison de cc qu'il consomme.» On appren.1it là que l'impôt multiple, à la condition d'être extrêmement multiple, c'est-àdire tantôt direct comme l'impôt fo11cierp, ersv1111eell111obi/iers,11rl·es portesel frnëlres, despnle11/es, tantôt indirect comme l'impôt des do11n11cs et du sel, des boisso11s, du sucre, des che111i1d1efser et voilures, des tabacs, tantôt à l:i fois direct et indirect comme l'impôt du li111vrl'r,nr les rnrccssiousel mulnlio11s, constituait l'impôt proportionnel par excellence, et que c'était le désir de réaliser cette proportionnalité qui arnit, en général, dirige la conduite des gouvernements en matière fiscale, et non celui d'accabler les peuples, de les pressurer, de décharger le riche pour écraser le pauvre, comme on le croit par une parfaite ignorance de l'histoire. (P. 33--1.)« C'est, disait l'auteur, cc que j'appelle la « dijji1sio11 de l'impôt, d'une expression empruntée aux sciences « physiques, gui appellent dijfusio11 de la lumiérc ces réAexions t< innombrables par suite desquelles la lumiére ayant une fois pénétn; « dans un milieu obscur par la plus légére ou\'crture, s'y répand en <t tous sens, et de manière à atteindre tous les objets qu'elle rend « visibles en les atteignant. » (P. 337.) Les économistes deYaient reconnaitre trente-huit :111splus tard qu'ici l\1.Thiers se montrait aussi grand physicien qu'il s'était réYélé mathématicien profond par sa théorie de l'État-assureur. l\lais alors ils se laissaient arn:ter par des détails insignifiants de la grande démonstration de la proportionnalité rigoureuse de l'impôt multiple au montant de la consommation du contribuable. Par exemple, ils soutenaient que l'impôt foncier, direct et réel, est, en réalité, une copropriété de la terre par l'État gui ne pése sur personne, et non un impôt de consommation sur les produits agricoles, comme le croit bonnement M. Thiers. (Pp. 340 et 346.) Ils ne \'Oyaient pas trop comment l'impôt du sel, qui est égal et non proportionnel, cessait pour ainsi. dire d'exister parce qu'il était indirect, et était tt une capitation rendue presque insensible parce qu'elle se cache dans une consommation. >) (P. 332). Ils se permettaient de ne pas croire que <t par une loi des plus sages, des plus rassurantes de la ProYidcncc, de quelque façon que s'y prennent les gouvernements, le riche est aprés tout le plus soumis a l'impôt. » (P. 343.) En conséquence, et aussi parce qu'ils croyaient voir un certain avantage politique à cc que le contribuable sût exactement cc qu'il payait, ils réclamaient un impôt unique, direct et proporlio1/llenlu reve1111.
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