La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

THÉORIE DE LA PROPRIÉTÉ 3r qu'il en doit él-iminer? Pour être fixé sur ce point, il lui faudrait non sêulement les· éléments de l'offre, qu'à la rigueur il peut calculer, mais ceux de la demande, lesquels consistent dans les besoins des consommateurs que ceux-ci ne sauraient lui annoncer par la raison qu'ils peuvent changer d'un moment à l'autre. Cette incertitude sur le rapport de l'offre avec la demande une fois la production effectuée n'a pas d'inconvénient dans le système de la détermination des prix sur le marché, puisqu'on en est quitte pour équilibrer alors l'offre et la demande par b variation du prix. Mais il n'en va pas de même dans le système marxiste, où le prix doit rester invariable et la quantité fabriquée être jetée au rebut en cas d'insuffisance. Et si, dans ce système, l'État ignore absolument la limite de son champ de production, comment se mettra-t-il à l'œuvre? Assurément, les économistes n'ont pas démontré scientifiquement le principe de la libre concurrence; heureusement pour eux, la libre concurrence ordonne tant bien que mal notre production économique; ils s'extasient sur la manière admirable dont elle l'ordonne, et leur tâche est accomplie. Mais le socialisme doit procéder autrement : il doit se distinguer de !'économisme surtout en ceci qu'il saura l'économie politique, et il doit expliquer pourquoi ~t comment tel ou tel principe amènera et maintiendra l'équilibre de l'offre et de la demande des services et des produits; ainsi, il sortira de la phase littéraire pour entrer dans la phase scientifique. C'est ce que le collectivisme de Marx n'a pas fait: plus malheureux encore que !'économisme, qui nous donne comme marchant bien un systcme qui marche mal, il nous a donné comme devant bien marcher un système qui ne marchera pas du tout. 12. Pour amener l'égalité de l'offre et de la demande des produits, il y a deux moyens : agir sur l'offre en dirigeant la production dans un sens ou dans un autre, et agir sur la demande. Le collectivisme marxiste se réduit à la première ressource, et, en cela, il est conséquent avec son principe. Si, comme Marx se plait à l'imaginer, il n'entre, dans les divers produits (A), (B), (C), (D), ... qu'un seul service producteur, le travail simple, les prix de ces produits p.,p., p.,p., ... ne sont autre chose que. les quantités respectives de travail simple qui entrent dans une unité de (A), de (B), de (C), de (D), et l'équation (A - A')p. + (B - B')p0 + (C- C')p, + (D- D')Po + ... = o p_eutêtre ramenée à la forme (a. - a.') + C~- W) + (y - y') + (ô - ô') +. ·.· = o, dont tous les termes sont des quantités de travail simple. Alors, à sup-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==