35 2 LA RE\'UE SOCIALISTE Li sollicitent. Il faut passer au moule cbssiquc ou f111onncrles grammaires .'.:trangercs.Hors de là, pas de salut. Aucune tentative d'éducation du caracterc, de la volonte; on bourre les ccr\'elles, on ne forme pas des esprit~, on ne trempe pas des f1111csI.l faut souhaiter un enseignement approprié à un idéal plus éle\'é que la préparation aride des examens scolaires. « Mon rêYc, dit M. Leloup, serait qu'on ambitionnJt de former des jeunes gens complets, personnes intelligentes et personnes morales, et qu'ù l'instruction comprise dans un sens libéral, on joignit une éducation conforme ù la constitution d'une démocratie, où, scion la belle expression de lvlontcsquicu, la Yertu est le principe et le ressort du gouvernement. .... Mais cc qui importe surtout, c'est qu'entraînés par l'ardeur du combat, ils n'en Yienncnt pas à concentrer sur eux-mêmes tout leur intcrêt ..... Egoïsme et sécheresse de cœur, tels sont les deux vices contre lesquels· l'éducateur doit à chaque instant prémunir la jeunesse. » Tels sont les Yœux. M. Leloup, dans un second article, apporte sa contribution à la réforme qu'il préconise en républicain sincére, en démocrate éclairé et conscient. li souhaite tout d'abord que les familles bourgeoises enYoicnt leurs enfants commencer leurs études à l'école communale qui posst'.:dc nairncnt un enseignement moral et ci\·iquc. Cette attitude nouYcllc créerait des l'enfance un rapprochement des classes, une estime mutuelle, condition même de la société démocratique. Il cspt'.:rcl'union prochaine et féconde de l'enseignement primaire supérieur et de l'enseignement secondaire, aycc le passage rationnel de l'un à l'autre. En attendant tout au moins une marche parallt'.:ledes deux enseignements, et tout d'abord pour l'enseignement secondaire, la diffusion plus grande de l'histoire, science cducatricc par excellence, science d'idées,.dc faits, d'humanités, tableau général de la ciYilisation aYec son cortcge d'efforts, de changements, d'erreurs et de progrès, et « sa marche incessante Ycrs une justice sociale et plus scrupuleuse ». DéYcloppcr ainsi toutes les connaissances qui appellent la réflexion, qui enrichissent l'esprit : principes gcnéraux et grandes lignes des sciences, législation et économie politique, grandes conceptions religieuses, morales, philosophiques; lecture et explication d'auteurs qui cveillcnt la curiosité, l'intérC:t, la méditation personnelle. Toutes ces ,·ues sont excellentes; cc programme réalisable a été tré•s longtemps formulé par les esprits indépendants; cc sont les idées les plus justes et les plus pratiquement conçues qui soient courantes dans la jeune Université. Et nous aussi nous appelons, nous attendons cc rcnouYeau d'un enseignement Yraiment libre et sincére, Yraimcnt éducateur, qui r~pandrait à pleines semences dans les ccrycaux les idées dont notre temps est riche ..
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