La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

RE\.üE DES REY{.;ES 351 --------------------- le terme le plus essentiel ù l'autre; - d'avoir sans cesse modifié les programmes et l'organisation du travail, sans jamais se préoccuper de savoir si l'enseignement véritable ne devait pas être dirigé précisément en vue de l'éducation de cc futur homme et c.itoyen qui demain, entrant dans la vie, ne ·saura rien <les hommes des choses du monde ' ' ' que quelques notions insuffisantes de grammaire latin<.:et de rhétorique pompeusement stérile, dont l'intelligence n'aura jamais été ouYerte, tout l'effort se reportant Ycrs la fatigue de la mémoire, inerte instrument. La tJche :\ accomplir au sortir <le l'école, reprend ;\L Ldoup aprés i\[. Bourgeois, est de créer pour « l'enfance un milieu civil et moral ». Eh bien! de rnèmc il)" a une <Yrandetransformation ù réaliser ::- dans l'enseignement secondaire. Il faut créer un esprit nou,T,1u dans un régime nouveau, « enseigner aux fils de la bourgeoisie qui peuplent nos lycées que, scion la belle formule de P:1steur, en fait de bien :\ répandre, le devoir ne cesse pas lù où le pom·oir marg·uc, et que plus ils sont élevés dans la hiér.irchie des classes, plus leur rôle social est important et difficile:\ remplir». - Non certes, dit l'auteur, nos jeunes gens ne sont pas préparés pour les assauts qu'ils denont souknir, pour les luttes futures, luttes de la vie ou de b pensée, dans notre époque d'incn'.:Julité et ti'égoïsme, « quand les mieux trempés usent dans l'ardente bataille non leurs illusions, certes, mais leurs c,oy:rnces les plus arrêtées, leur volonté la plus énergique ». Et où ,lllr,1ient-ils puisé ces ressources d'Jrnc et de pensée, dans ces classes où vous ks ayez retenus de longues heures, non pour pénétrer l'esprit et sonder l'ùrnc d'un écrivain, mais pour décom•rir minutieusement le sen~ subtil des plus petits mots et les merveilleuses beautés d'une synta:w souYent obscure? Ou serait-cc plutôt lorsque vous leur avez ~nculqué les premiers principes d'une philosophie scolastique et que YOUsles ayez initiés aux mystcres du Baroco et du Baralipton? Que de tristes souvenirs éYoqués pour tous des stériles années <lelycée, au temps de la plus belle jeunesse! Quel bibn lamentable de ces longues études sans profit réel! P.rogrammcs attardes, Yieilles routines universitaires étrangcrcs aux frémissements du monde, aux inquiétudes et:\ b fiéne des temps nouveaux. Concours, parchemins, diplàmcs, etau bout rien, rien de la Yie, rien de l'homme, rien de la cité, de l'État, -- des citations et des phrases toutes faites pour seules rcglcs de pensce et d'action. Dans l'cnseiO'nement moderne, m0mc insuffisance. L\., c'est l'in- o térèt pratique qui domine : futurs comptables ou négociants, mais non pas hommes et citoyens. Pas d'idées, pas d'idéal. - Cc qni est banni de nos l'.:colcs, c'est précisément la pensée, la recherche -libredes esprits, la curiosité naturelle bien dirigée ycrs les multiples objets qui

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