La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

\ 35o LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES ünc des questions les plus importantes qui se présentent aux esprits libres Je ce temps est celle: de l'éducation de la jeunesse. Depuis quelques années, on s'est beaucoup prcoccupé, et a juste titre, de l'instruction que donne en France l'État aux générations successiYes, et il a semblé :'t plusieurs que, malgré les efforts accomplis, le programme des études et les résultats obtenus répondaient peu aux exigences dc la Yie moderne .. \ diYerscs reprises, des protestations autorisées se sont éleYées contre l.i stérilité des longues et desséchantes préparatiom d'examens sans portée réell•, contre l'insuffisance ou l'inintelligence d'un enseignement qui, au lieu de faire des hommes instruits, aptes.\ passer Je l'école du line a l'école de la Yie, ne nous donne que des pédants, des bacheliers ignorants ou des crétins fieffes. Dans ces derniers temps, les critiques ont pris plus de consistance, en mi'.:1111te.:mps qu'elles se précisaient avec autorité. On sent confusément que, trop longtemps, on s'est attardé a des formules vieillies, hors cadre, et quc l'antÎLJUetradition Je notre Université doctrinaire et bourgeoise ne conYient plus aux besoins, aux espér'anccs des nouYclles générations, ou tout simplement aux nécessités Yitales de la démocratie. En Jeux articles importants, que public la RevueBleue, ;11. l\Iauricc Leloup exprime an.:c une généreuse ardeur cc sentiment YÎ\'ace chez beaucoup d\sprits un peu ouverts, et il est bon de retenir notre attention sur ces obscrYations séYércs autant que justes, a notre aYis, et sur les conclusions qui ,·ienncnt si à propos confirmer les Yœux de réformes que les notrcs ont tant de fois formulés, et notamment dans cette Rernc, aussi attachée a la réforme intellectuelle des esprits qu'a l'amélioration ou transformation des comlitions économiques de b Yie, problèmes étroit<.:ment liés et même inséparables. Le premicr reproche que .\L Leloup adresse .i. notre Uni,·crsité et .i. nos législateurs est d'avoir séparé deux éléments qui devaient être indissolublement liés : cnseigncrncnt et éducation, et d'avoir sacrifié

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