I LA QUESTIOX SOCIALE DE\'ANT LES CORPS ÉLUS 3-1-9 Le gouYerncment a cru dcYoir poser,\ cc sujet la question de confiancc, tant avait été \·crte et Jpre l'attaque de l'ancien ministre des finances . . ous arrirnns enfin ;t b mémorable séance du 9 juillet, ot'.1 se d6voilc la tactique d'ajournement. Le rapporteur général, M. Krantz, dcclarc brusquement, au moment où l'on Ya Y0ter l'article 2 du projet relatif à l'impôt sur les propriétés b:'tties (ccdulc A), que les mots« pour 1897 >1 devaient être réscn·és. C'était déclarer que la prétendue réforme serait ni applicable, ni appliquée en 189ï, et qu'on allait discuter - acadcmiquement - pour les temps futurs, jusqu'à cc qu'un cY6nerncnt quelconque, crise ministérielle par exemple, ch:u1gdt le cours « ondoyant et diYcrs » des humeurs parlementaires et rcjctJt cc projet et ce Yote dans le cimctiérc législatif oi.1dorment déj,\ tant d'ébauches, entre autres le projet Doumer dùmcnt et formellement Yoté. Jaurés et la gauche protcstercnt si YiYement que M. Krantz fut obligé de renoncer à sa manœuvrc. La prcmiérc partie de l'article fut YOtée, mais la deuxiémc partie qui élcYait le taux de l'impôt it -1-· 50 0/ 0 fut 'repoussée, sans que le gouvernement pos:tt la question de confiance, par 268 rni;,,;c. ontre 258. Le projet ctait blesse :'t mort. On suspend la scancc; la commission du budget se réunit, et au bout d'un moment M. Krantz Yient lire un rapport duquel il rcsultc que la commission demande à interrompre la discussion jusqu'i cc que le gouYernement ait fait des propositions nbuvellcs. Rouanet demande la continuation afind'arracher ùla Chambre quelque haillon de réforme budgctaire. Mais la proposition du Perier de Larsan ainsi conçue: « La Chambre, rcsoluc à poursui\Te la r6formc des contributions directes,d6cide de reprendre le plus tôt possible, dans sa session extraordinaire, l'examen du projet en discussion » est Yoté par 327 YOixcontre 2 . .p, maigre le cinglant discours de Jaurés qui fouette Yivement la duplicité de Méline et du ministere : (< Vous ne donnerez pas le change; k gouyernemcnt n'a pas fait appel à sa majorite; il ne tenait pas à la rallier autour de lui~ voilà pourquoi j'ai le droit de dire que, dans sa conscience, il est réjoui par l'echec du projet présenté par lui. (< Ce sera la caracteristiquc de la situation actuelle; un gouYcrnemcnt qui dcclarc que bdémocratie rurale est accablée, qu'il n'y a que son projet qui peut la sauYer et qui, cependant, ne fait pas auprès de sa majorité, pourtant fidèle, le moindre effort pour obtenir le Y Ote du projet. « Voili l'èquivoquc dissipce; le pays Yous jugera. » Dans la séance suivante (ro juillet), l'ancienne loi sur les contributions directes, que le ministère avait tenue toute prête et fait imprimer ù l'ayance, était adoptée par la Chambre. C'est ainsi que finit la comédie. Docteur A. DELON.
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