LA QUEST!Ol\ SOCIALE DEVAt-:T LES CORPS ÉLUS 347 quelque chose de l'ingénuitc champc'.:trcet ne Yalaient-ellcs point une attaque passionnée. Votre budget, dit Jaures, est un budget paysan: vous voulez la félicité de l'homme des champs. Bonne pensée; mais vous ne Mgrc\·ez l'agriculture (impôt foncier) que de Gmillions. De plus, dans YOtrc aniour de l'égalité, Yous déarcyez i'.:o-alcrnentsans ~ v v aucune distinction le gros et le petit propriétaire. Un ami Yéritable des paysans, cultiYatcurs cùt réscn·<:':cc maigre allégement de charges à la petite propriété. - Votre projet essaie de transférer au créancier la part d'impàt que supporte aujourd'hui le débiteur pour la terre hypothéquée. Excellente idée! mais pourquoi aYoir permis la suppression de cette clause de Yotre projet « 11011obsta/101/1/estip11latio11co11trrrire? » Qui ne YOitcombien la réforme est illusoire; car dans chaque contrat le créancier, le prêteur, qui a la situation dominante et maitresse, exigera de l'emprunteur qu'il accepte précisément la stipulation contraire. Votre réforme n'existera donc plus. La taxe nouYcllc sur l'habitation, qui semble réYéler toutes \"Os secrètes ardeurs réformatrices, et qui ·a un petit air d'impàt progressif, va probablement - con-trc YOSdésirs - peser sur les départements pauvres. En cflet, il n'existe point de péréquation interdépartementale de l'impôt. « \'ous calculez le contingent de chaque département d'aprés la totalité des Yaleurs locatives de cc département, et, pour le calcul du contingent dcpartcmcntal, Yous ne déduisez pas au préalable de la somme qui dctcrmincra cc contingent les loyers que d'aprcs YOtrcloi vous exemptez en Ycrtu de l'exemption du loyer minimum. » On comprend que dans les départements pau,-res le nombre des loyers exemptés sera considérable; il faudra donc ou bien reporter la charge du contingent:\ payer sur la• minorité des loyers - ou alors pour ·décharger ces loyers trop lourdement taxés, diminuer le nombre des loyers paunes exemptés. Or, comme les di'.:partcmentsles plus paunes sont cxclusiYcmcnt agricoles, il en résulte que sans Yous en aperccYoir « vous accablezvoire paysan bien-aimé. i, Même erreur dans le nOLl\"eau système proposé au sujet des centimes communaux et départementaux. Votre projet ménage les Yilles et frappe - sans le Youloir - les campagnes. \'ous offrez une prime à l'émigration Yers les Yilles. Et cependant, M. Méline, le père nourricier de notre agriculture défaillante, Yient d'affirmer a Soissons que la campagne « manque de bras». Le parti socialiste Yous doit aussi des remerciements tout particuliers pour la manierc dont vous ayez organisé la fixation de mini- ,mum de loyer non imposable. Cc chiffre est établi chaque année par le conseil municipal aYec l'approbation du conseil général. Chacune de ces assemblées dccidcra donc, chaque an, entre les riches et les pauvres, car ce que ne paieront pas les pauvres sera reporté sur les riches, reparti entre eux. Chaque année, cc sera la guerre sociale dans
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