LA RE\'t.:E SOCIALISTE de cette refonte rnanqrn'.:c, incohcrentc par endroits, contradictoire 11101111:, Je nos contributions directes. Et au dernier moment, deYant une :issembke fatiguée par cette lutte contre des moulins à Yent, on de,·ait brusquement retirer ce projet-fantôme, en demander le re1woi et proposer de \"Oter pour l'année r89ï la loi des contributions directes conformément au sln/11 q110 de l'année précédente. La très longue discussion gl'.:néralc du projet perd beaucoup de son intl'.:rèt, quand on sait la fin de l'histoire. On sent que ces braYes gens gaspillent leur temps puisque le gouYernement, malin, n'est pas décidl'.:à faire aboutir son projet, ni mème à poser la question de confiance, <.:tqu'il les laisse discuter acadl'.:miquement pour l'amour de l'art et la grande joie de la galerie. Un grand nombre d'orateurs ont pris la parole dans cc Jl'.:bat. Gauthier de Clagny, Naquet, Plichon, Doumer, Pellctan, RouYier, Jaurès contre. Les amis du gouYernement furent peu nombreux; à part M. Cochery qui, en qualite de ministre, deYait bien ,lu moins paraitre tenir ù son enfant, on ne compte dans la cohorte gouYcrnementalc que le fidèle Lasserre et Krantz, rapporteur gcneral du projet. Ribot interYint pour approuYer le projet, sauf l'impôt sur la rente dont il a pn'.:senté une YiYc critique; mais le discours complet et magistral sur cette question a été prononcé par M. RouYier, qui, en passant, a fait un éloge ému de l'excellence de notre système fiscal; cet instrument de chirurg_ie financière extrait chaque an sans douleur (i\1. RouYicr l'affirme) 3 milliards 600 millionsù nos excellents contribuable~. Tant que ces derniers ne s'insurgent pas, comme en Italie et en Espagne, tant qu'ils ne manifestent pas leur mécontentement en fusillant les agents chargés de perceYoir l'impôt, il n'y a, d'apres i\l. Rouvicr, ni utilité ni urgence à entreprendre un remaniement de notre système fiscal. i\ ycc cette doctrine essentiel lem en t conservatrice concorde très bien aussi le plaidoyer de l'ancien ministre contre l'impôt sur la rente. Ceux qui raisonnent en admirateurs de la société capitaliste n'ont rien à répondre; la critique est sou,·eraine et définitive. Seuls nos amis échappent à l'étreinte vigoureuse de l'argumentation de M. RouYier, puisqu'ils \'Otent - et ils le disent hautement - en vue, non de consen·er, mais de dissoudre ou d'ébranler la domination actuelle des puissances d'argent. Doumer a prl'.:senté, en excellents termes, dans un discours éloquent et solidement ordonné, la critique du projet Méline-Cochery et la défense dc son projet d'impôt global et progressif, représente aux Chambres à titre dc contre-projet. Dans la même séance (4 juillet), on a entendu J aurés, qui, d'une ironie supérieure et élégamment bienveillante, a re1wcrsé le pot au lait de Perrelle-.\féli11e. L'orateur socialiste a accompli sa tâche en souriant, sans âpreté : peut-être aussi les découvertes financières de cc ministère essentiellement agricole avaient-elles
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