~OUVELLE INTERPRÉTATION DE PHÊNOMÈ~ES SOCIOI.OGIQCES 325 dance ( r). Voilà pourquoi il serait peut-être le plus j ustc de considérer la société tout simplement comme un entrelacement mécanique des individus, dirigé par le principe de la diYision du travail et de la lutte des classes. Et puisque l'individu ne fut pas totalement formé par la société, puisqu''il a\·ait <.:u ne existence antérieure à clic, et qu'il a des tendances au perfectionnement indépcnd:i.ntcs d'elle et même contr:i.ircs :i clic, il peut interrompre et déYier le jeu natur<.:lde cc mécanisme. En effet, si la société ét:i.itun organisme p:i.rfaitou un ccn·eau, l'individu ne serait qu'une cellule qui doit p:i.ssi\·ement subir les évolutions de cet organisme. Mais si nous a\·ons :i.ffaircù un méc:i.nisme, le rôle de l'indiYidu est évidemment tout autre : il peut ücbcr d'arranger cc mécanisme d'aprés les besoins de son propre déYcloppement. Remarquons que cc mécanisme étant dirigé par le principe de division du travail, on peut le considercr en même temps comme ay:i.nt des lmda11ces au déY<.:loppcmcntorganique, mais rien que des le11da11ces (2). » La conception dialectique de l'histoire présente encore lies défauts d'une autre especc:; M. Tarde pense :'i tort que les découvertes et les inventions du genic doiYcnt néccss:i.ircmcnt être des conclusions logiques : clics peuYent résulter de déchargements d'inspirations trop Yagues pour pouvoir être exprimes par des conclusions claires, comme • nous le voyons par exemple dans b musique. L'histoire se fait, non seulement par la logique, mais encore par l'influence de l'énergie naturelle d'une personnalité qui sert ses instincts, ses caprices, son ambition ou même sa folie. Tout cela ne peut aucunement être embrassé par les termes logiques de thésc, antitbésc et syntht:sc : leur trame est constamment déchirée par l'histoire réelle. M. Tarde a le tort de considérer le développement social comrnc une lutte des idées, en niant expressément qu'il puisse être influencé par la personnalité même des « o-rands hommes ». Cela l'a fatalement conduit à la con- ::, ception de la société comme un cerveau, et en se debattant dans cette malencontreuse analogie, il doit fermer les yeux sur toute une foule de faits réels qui ne peuvent se concilier aYcc elle. Ainsi il doit jeter par dessus bord le fait énorme de la Iuttc des classes : en effet le cerveau ne peut pas être compris comme contenant deux entités en conflit, en lutte et travaillant à se dominer l'une l'autre. - Enfin M. Tarde a le toi:t de considérer la fameuse « dialectique » d'une (r) Voir Le Matéri11lis11é1c~o110111iq11e et la Psycbologiesociale, où nous :t\'ons dé,·eloppé cette idée. (2) L'erreur d'identification de la sociêté avec un organisme fut commise par Schaeffk: Bau 1111d Lebm des socialm ]{œrpers, et répctéc par Espinas : Les sociétésa11i11111les. On peut encore citer i.:i Lilicnfcld, de Robcrty, Bordier, Perrier, Haeckel, NoYicow, etc.
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