32-1- LA REVUE SOCIALISTE c'était rompre brutalement un nœud trcs délicat et tres compliqué, qu'on ne pouYait dénouer. Enfin, la p:ircnté des formules de l'éYolution et de la di:1lcctique apparait d'une façon éclat:1nte en l'exemple de M. Tarde. C'est lui qui a derniercment préféré la formule hégélienne,\ celle de Spencer - il le fit comme nous l'avons \'U plus haut d:1ns les Lois de l'imitation. !liais déjà d:1ns la Logique sociale, il rc\'icnt ù considérer la société comme un ccrYcau. Or est-cc que le processus du dévcloppemcntcérébr:11ne peut être considéré d:111sla biologie comme un processus <le différenciation et d'intégration? - Remarquons en passant que la Logique sociale nous parait de beaucoup inférieure :1ux Lois dl' l'i111ilnfioJ1; car, en laissant de côté les recherches originales et indépendantes de cc dernier ouvrage, l'.nncur y entre dans les voies d'une analogie stérile, que Herbart a déjà essayé de réaliser (1) - et s:1ns succes - qui nous semble à plusieurs égards beaucoup plus faible que celle de Spencer, et qui au point de vue <le l'individu présente les mêmes défauts. Si les Lois de l'i111itatio11 pouvaient donner lieu a une certaine confusion et faire par:1itrc une théorie de l'indiYidu - dans le genre de celle que nous essayons de tracer ici - comme inutile, la Lagique sociale fait éclater cette nécessité. En effet : individu comme cellule du cerYeau, ou comme cellule d'organisme - c'est tout un, ù cc point de ,·uc. Donc, que nous considérions la société comme un organisme (Spcnccr-Sch:1cffie ), ou comme un cen·cau (Tarde- Herbart), et l'homme comme un être dirigé par l'esprit, par l'idée (Hegel-Comte) ou par l'estomac, par les intérêts (Feuerbach-Marx) que nous employions la formule dialectique ou b·olutionnistc - nous restons toujours sur place. Tout cela, cc sont des généralis:1tions apriori. La science doit C::,·iteraut:int que possible les analogies; clic n'a pas a donner de prUércncc à un des motifs de l'acti\'ité humaine, mais doit considérer objectivement tous les faits que l'histoire présente. Un de ces faits, qui se répetc constamment, <le telle façon qu'on peut le formuler comme une loi, c'est la lutte des classes. Les rapports d'esclavage, de scn·itudc dans les socic'.:tésantérieures ù la notre et les rapports de la propriétc monopolisée et de l'indigence dans la nôtre ne se rencontrent au sein d'aucun organisme : cc ne sont pas des rapports orga11iques, mais 111é.:a11iq11es, qui pcu\'cnt a\'oir lieu entre deux organismes différents (par exemple rappo'rts de p:irasitismc) ou entre deux classes constituant la même société. Ajoutons que le processus organique rencontre des obstacles insurmontables dans le développement de l'individu et que cc processus ne peut rester qu'à l'~tat de tcn- (1) Hcrb.irt, Wcrk·, vol. \']Il.
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