LA RE\'UE SOCIALISTE lutte finit par la Yictoire de l'une d'elles, ou par la creation d'une nouwlle e~pèce - une synthèse. Le ràlc de these, d'antithese et de synthc~e sont, ,i proprement parler, joués non par des cspeces, mais l;ar leur~ premiers représentants (ancêtres). Hélas! nous ne les connaitrons jamais! Cependant dans la sociologie ces roles sont joues par des gènies, des inventeurs qui sont habituellement connus; de la non seulement la possibilitc, mais encore la nécessité d'analyse logique dans la sociologie. La lutte pour l'cxist~ncc est en parfait accord avec la théorie de l'é\'olution dans les sciences naturelles, et spécialement dans la théorie de Spencer. De même la diàlcctiquc et. l'évolution ne se wntrediscnt pas dans les sciences sociales. Li n'est pas la difficulté et l:i critique de M. Tarde peut être considérée comme manqul'.:c. Mais pénl'.:trons plus profondément dans cc quiproquo. Nous \'Oyom donc qu'entre les processus organique et dialectique il existe une parenté l'.:troite, voire même une identité. En effet, la formule de la prcmi<'.:re( différenciation et intégration) n'est qu'un travestissèment de celle de la seconde (thèse, antith<'.:se et synth<'.:se). Qu'est-ce qu'une différenciation? La manifestation d'une di \'Crsité (ou antithcsc) au sein tk l'uniformité (ou thcsc) primitive. Et qu'est-cc qu'une intégration sinon une synthése des antagonismes ainsi apparus? Spencer n'a donc fait que transposer en termes nom·caux la Yieille formule de Hegel : les outres sont changées, mais le vin reste le même. Et si nons transportons cette vieille formule de Hegel des nuages de la mct,1physique sur le sol <le la réalité, nous lui trouYons une base psychologique trcs solide. Notre esprit est organisl'.: (r) de telle façon q uc son activité ne consiste que dans la perception des disscm blances (antithcscs) et des analogies (synthcscs). Et puisque notre conception de toute chose, du monde et de l'histoire doit passer par le creuset de notre esprit, nous deYons comprendre tout dans les termes de la même dialectique. Voila pourquoi la formule de Spencer devait nécessairement se rencontrer a\'ec celle de Hegel. Seulement le premier comprend les choses d'une façon plus objective en supposant l'existence de la nature en dehors de notre esprit, le second se met au point de \'UC subjectif en identifiant notre idec du monde avec le monde lui-même. , ous pensons que cette vieille discussion ·métaphysique entre le dualisme et le monisme s'est introduite dans la sociologie d'une façon tout a fait inutile et ne mène qu'à un pietinemcnt sur place : au fond de toutes les conceptions sociologiques de la <lcrniére moitié <lu siècle on retroU\'C Hegel et sa triade, plus ou moins déguiscc. (r) \'oir les Principes rie la P,ycbologie, de Spencer, que nous considérons comme son meilleur ounagc.
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