La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

NOU\"El.LE IKTERPRÉTATION DE PHÉNoilÉ~ES SOCIOLOGIQUES 3l 5 en état hyp11otiquc, que le co11tcnu et la forme .<leces bcsoi11sleur Yiennc d'c11 haut, de la part des spécialistes. Quant à ces derniers, à part quelques rares, trés rares inYcntcurs originaux, ils deviennent toujours plus passifs et bornés, se contentant d'amasser cLrns leurs cerYcaux, comme dans des rn\·cs, une masse de savoir inassimilée, cc qui produit plutôt"l'imprcssion d'une hydrocéphalalgic que d'un déYcloppcmcnt sain et normal. Cette distinction, toujours plus profonde entre la foule - cc corps social -- et le monde scientifique, cc ccrYeau social - produit une nervosité et une dépravation générales, un affaiblissement redoutable des volontés et l'accroissement du nombre des maladies psychiques, de la folie, etc. Telle fut l'influence du déH:loppement soci:ll sur le corps et sur l'âme de l'individu: il a introduit la désorganisation dans des existences qui pourraient être pleines d'harmonie et de poésie. C'est comme si quelqu'un dérangeait systématiquement des dents saines et tâchait de les faire branler continuellement dans les ah·éoles. Cette é11crYationde l'homme, en train de dcYcnir maladif et détraqué, Yoilù cc que nous appelons « progrè~ )>. Il est nai que nous a\"ons gagné u11peu de science et de bien-être matériel; mais - la question de clistributio11de ces biens laissée à part - on peut se demander s'ils ne pouvaient être acquis, sans sacrifier l'individu? (r) Car il se peut qu\wcc toute notre culture basée sur la division du tra\",lil, a\·ec notre sécurité et notre bien-être, l'humanité tende a dcycnir un amas d'animalcules graisseux, chétifs et déformes, disposés en u11ordre parfait dans les ah·éolcs de b couYcusc sociale. Ious Yoyo11sdonc combien 11aï,·cest la foi dans « le progrés » produit spontanément par le jeu aYcugle des forces sociales. Des journalistes présomptueux ont décidé lcstcmc11tque la société est en progrés continuel, parce qu'elle se meut en géneral. C't:st un optimisinc tout à fait injustifié. Des générations entières pcuYcnt s'cmpoiso11ncr par l'alcool; on peut en dire autant des formes sociales défectueuses. Et telles étaient celles basées sur la division du travail. Il n'y a pas de progres, il n'y a que l'évolution; et cette éYolution dans laquelle nous sommes cno-ao-éspeut trc':sbien aboutir a la dégénérescence universelle. 0 0 ~ • Ainsi, par la vie de troupeau, l'apparition de types biologique~ plus parfaits, c'est-à-dire d'indiYidus doués de plus d'organes et de fonctions, est arrêtée. L'humanité ne paraît pas encore en être arrivée la. De temps en temps apparaissent des individus qui présentent une véritable tendance naturelle à produire une espèce supérieure, plus (r) Est-ce que il côté de la culture sociale des fourmis n'existe pas une culture individuelle des araignées qui, par sa richesse et par sa diversité, n'est pas à dédaigner?

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