LA RE\"UE SOCIALISTE ~fous n'a,·ons rien à dire contre l'clargisscmcntdes facultés de l'indiYidu p.1r la cornpn:hension et par la sympathie, qui produiront une har111011ipcarfaite entre l'élément indiYiducl et social ou plut6t panthéiste. :-L1istel n'est pas le cas produit par la diYision du travail actt!èllc; au lieu d'harmonie on obtient une <lcformation de l'indiYidu et s.1 subordination ù l'élément social. S'il y a élargissement <leYic, c'e~t, je k répctc, dans le même sens que celui de la cellule dans un organi~mc. Il est possible que nous tendions par cette dispersion de notre personnalité :i la formation d'un être plus clcYé; mais cc ne sera p:is ,i coup sùr un indi,·idu plus parfait que l'homme; cc sera un énorme organisme soci:1I. Le dé,·cloppcment social, lancé sur une D?au,·aiseYoie, produit une foule de sentiments maladifs, qui sont la dcformation de la sympathie saine et normale: l'ascétisme, la pitié rnaladiYc, remèdes nécessaires, mais désastreux, aux 111:iuxde la société. C'est l'ascension de tout cc qui est chétif, laid et misérable - <letoute l'ânerie dcYant laquelle s'est prosterné le christianisme - et la condamnation de tout ce qui est fort, sain et beau. Le christianisme fut un produit monstrueux d'un <lén.-loppement social maladif; on peut le cornp:irer à un remède qui affaiblit et abrutit en guérissant : il permet de Yivoter, de Yégéter misér:ibkmcnt. Cc n'est p:is :i dire qu'il ne soit pas nécessaire. Ainsi, dans ccrtaint:s maladies, le fer qui estropie, le mercure qui ramollit, ou l'arsenic qui empoisonne. Cl's sc11timents corrompent :i la longue et ceux qui les ressentent et ceux qui en sont l'objet. Par une longue, par Ulle continuelle prése11cc dans l'atmosphère d'hôpital - c'est l'atmosphère normale de notre société - tous les instincts se pcrYcrtisscnt, se déforment : on cherche le beau dans le laid, le fort dans le faible. Dans la galerie <le la Bibliothèque .-\mbroisiennc on YOitun tableau de Luini: « le Christ [ayant les pieds <les ap6tres » - une douzaine de juifs accroupis sur des cu,·ettcs d'eau s:ilc. C'est répugnant, c'est abject, mais une certaine cultur<.:des sentiments arriYc à considérer ces horreurs comme l'expression du beau. De même tous ces corps émaciés, couYerts de plaies, percés <le clous - objet <leprédilection de certains peintres. Eh bien, il existe des savants sérieux qui se demandent aYccétonnement si par exemple la médecine, lorsqu'elle consen·e aYecdes efforts inouïs des organismes faibles, chétifs et cepcnd:int prolifiques, ne nuit pas à l'humanité en propageant la faiblesse, en abâtardissant la race? La division du traYail social a eu encore d'autres suites funestes sur l'intelligence et la Yolonté de l'indiYidu. Quoique tous les hommes aient encore <les ccrYeaux et <les besoins intellectuels, néanmoins la grande masse humaine est déjà privée de toute indépendance de pensée, n'cJt pas en état de satisfaire ses besoins et attend passivement, presque
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