};OU\'ELLE I~TERPRÊTATIO~ DE PHE:>:m1È~ES SOCIOLOGIQvES 3 I 3 logiques ou professionnels. Les cspéces biologiques, L'nse dl'.:\'elopp:rnt, se distinguent par une di\'\~rsitl'.:t0ujours plus grande; la quantitl'.:des :1ptitudcs, des fonctions et des organes dl! l'indi,·idu croit sans cesse. Au contraire, les nou,·caux types professionnels se spécialisent, se simplifient et ont ain i_une tendance :t abaisser k type biologique primitif. Si la solidaritl'.:,en empC::ch:rntla production de nouveaux types biologiques, tend l l'.:terniscr l'existant, Li di,·ision du tra\'ail tl!nd encore à le détl'.:riorer, à le ramener en arriére. L'indi\'idu, :rnlieu d'ètrc un monde intéCYraelt harmonieux, de\'il:nt • t) un appendice insignifiant, appau\'l'i et de plus en plus rnbougri, maladif. "\'oyons dans ses applications l'influence de la di\'ision du travail sur le corps c, sur l'tunc de l'indi,·idu. Quant au corps, c'est une chose reconnue et simplement é,·identl' que cette influence est très funeste . .Le métier dégrade l'homme et l'atrophie. Il suffit;\ cet cg:1rdde jctl'r un coup d'œil sur la statisquc dl's 111aladiesprokssionncllcs, des déformations et de la mortalité qui :1ccornp.1gnentla di\'ision du travail l't croissent a\'1.:Cclle. Quant aux sentiments, la \'ie sociale a,·cc s:1cohL·sionet avec b division du tra\'ail défor111el'égoïsme indi\'iduel, lui fait porter un masque; car il a peur d'apparaitre dans sa forme propre; il se disperse sur un champ trop grand, ce qui mène petit;\ petit :i l'extinction de l'indiYidualitc. C'est aussi un élargissement de la ,·ie, 111ais :i la façon de celui de la plus petite cellule, qui p:1rticipe pour une quantité infinitésimale :i la \'il: énorl\\l: d'un organis111e.Cet ..'.:largisscmentest payé par la perte ou du moins par l'L·miettemcnt de l'indi\'idualité, par la dépendance et la spécialisation. Le fieu,·\.: de la ,·ie indi,·iduelle, en s'étendant trop, perd de son ni,·eau. Le courant de la Yie sociale est trop puissant et trop compliqué pour que nous puissions y conser\·cr une direction propre; nous sommes en\'ahis, débordés et conduits :i l'aycugle. Le bel idéal d'un Prométhée, d'un Gœthc, régnant sur une portion de la matiérc et sur ses propres l'.:tatsd'ùme, deYient impossible à réaliser. Dans le chantil:r du tra\'ail social l'homme cesse de plus en plus d'être créateur: il dc\'icnt m:1chine,ou plutôt appendice inconscient d'une machine. At, rioint de nie intcllcctncl, nous trom·ons d'un côté de la société - dans le corps social - un appauvrissement qui aboutit à l'hébétement, et de l'autre - d,rns une élite qui joue le rôle de cer- \'eau social - un affiux d'idées inouï, un océan dans lequel 011 flotte au O'rédes \'ents sans \'Ouloir ni 11ouYoirse maitriser ni se coordonnl'r. 0 , L'état de dilettantisme, de décadence et de lassitude de la classe intellcctuellc, est une expression du malaise social, dù à la di\'ision du travail. On deYient de plus en plus accumulateur passif d'idees, sans pOU\'Oircréer, car l'étincelle d'originalité est com·erte et éteinte par le flot montant des idées ambiantes. •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==