La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

!.A RE\"UE SOCIALISTE pe1rn:ur d,111scette galèn: !) ct Bruneti<'.:rc. li pr<'.:f<'.:crchercher une chicane trop facile ,1 ,\l. 13crthelot sur sa trop sommaire d.::tînition de la morale et du dc,·oir ct en profiter pour donnn le pas à l.1 philosophie sur la science. Qui conteste que l.t philosophie soit l.t scien<:e des sciences? Les sciences, comme il le dit, nous ré:v<'.:lcntles rapports des objets entre eux. La philosophie, « r,1pproch.111tces fr.1gments » de connaissance, essail.' de nous en donner lïm,1ge d"ensembk, m0me quand il y :1 solution de continuiti: emrc ces fr.1gments, cl.' qui est J'ordin.tire. En cc sens,,\!. Fouillee a raison de forger un ni:ologi~ml.' et d'appeler l.1 philosophie une 111C::t.1science. :\u,si ,\1. Fouillée croit-il au progr<'.:s de LI philosophie. Pour lui, la 111C::t,1physiqune'a fait qu'errer le long de l'erreur hu111ai111.'e, t toujours clic s'l.'st enrichie de l'acquis positif, c\:st-:1-dire scientifique. On ne le dirait guère :1 lire les mi:taphysiciens de ce temps, mais Cl.'b est ainsi. li ne faut pas être inju,te, en cffrt : quelques hirondelles é:g,m'.:esne fom pas le printemps. JI drn1.1nde l'hi:gi:monie mor,1le pour la philosophie. 11 11\:st personne qui n'y souscri,·e, il la condition que l.1 philosophie deYienne Yeritablemcnt la mi:uscicnce dont il parle, à LI condition indiquée par lui qui.' LI scil.'nce et la philosophie dc,·icnnl.'nt les productions de l'idi:.il, qu'il di:finit ainsi : « L'idéal cst une sorte de foyer où Yienncnt con,·ergcr le, idi:es ct les di:sirs d'une socii:ti: : c'est le prolongcment anticipe:: dcs directions que cette sociét<'.: prend• en Yertu de son i:volution mêmc ». Je souscris d'.1ut.1nt plus ,·olontiers il cette di:finition sociologique qu'elle concorde pleinement .1,-cc celle que j'ai donnée dans cc recueil, en dis.111t,on s'en souvient peut-être: « L'idblisme étant une irn'.:,istibk tl.'nd:111cc:1 une ,·ic mcilleurc, plus complète, prolonge en esprit les rbliti:s actuelks. ::-S:'cst-ilp,1s, par l:i même, la forme pens<'.:e de l'C::,·olution? » (1). De ce qu'il demande qu'on rende le premier r<lllg à Lt philosophie, ::--1. Fouilli:1.' est-il injuste cm·ers !<1science? Non, puisqu'il ,·eut qu'elle systématise les sciences particulières et ne Yi,·e que des résultats qu'cllcs produisent. Aussi dit-il a,·ec justesse : « .\u lieu de tirer, comme on l'a fait, des conséquences •sceptiques ou mystiques du tra,·ail actuel des esprits sur l.1 rnlcur de la science, il con,·ient au contraire d'en tirer une notion sup<'.:rieurc de la science même et de son rôle. » :-L1i,, ajoute-t-il, << quand la science a découvert dans la n:nure ordre et loi, b 1uture n'a pas e1Kore acquis sa plus haute Yaleur ni son plus gr,111dinti:rêt : pour cela il f.1ut qu'elle apparaisse en essentielle relation ,1,·ec l'intelligence même et avec la ,·olonté. C'est;\ la philosophie gén<'.:r.ilequ'il appartient de ri:tablir cette relation, méconnue par le positiYisme. » lei, je proteste, non contrc le juste mandat que i\1. Fouill<'.:edonne à la philosophie, mai, contre l'imputation qu'il dirige contre le positivisme. Que celuici n',1it pa\ établi cette rcLnion, c'est possible, cela est :1 discuter entre les positivistes et ,\l. Fouill.::e; mais qu' Auguste Comte et ses successeurs directs ou indirects n'en ,1ient pas eu la pri:occupation constante, voilà qui ne peut se soutenir. i\lais laissons cette querelle, que ,\f. Fouillée aura à vider m·ec les tenants du positi,·isme, et allons aux conclusions: « En somme, dit M. Fouillée, l.1 question ,·italc .llljourd'hui n'est plus d'admettre avec Kant des formes (1) L'ldénlis111esocial, m1mcro de mars 1896.

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