La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

300 LA TŒ\'UE SOCIALISTE ch, 1cun d'une parok .1111ic,d'un bon conseil, indiquant où s'adresser pour obtenir le secours k plus nécessaire, faisant cux-1111'.:mclseurs cnqut'.:tes, intcrrogcant ks ,·oisins, visitant un malade, sollicitant le conseiller municipal ou le membre du bureau de bienfaisance, ne s'arrt'.:tant jam:iis dans l'œu\Te éternelle de secours. « En quatre mois, ils ont distribué 27,000 soupes, ces travailleurs de modiques rcssources. Ils continueront ainsi jusqu'au printemps pour recommencer aux premiers froids. Estimez, si 1·ous le pou1·cz, la contrainte qu'ils s'imposent, k, tracas, les ennuis, le n:butant bb.:ur, et comparez leur effort d'altruisme désimércssé avec le mérite de la ridicule aumônc par laquelle un chréiicn de haut r,111gconquiert son par:idis sans a,·oir à se pri,·cr d'une part quelconquc ,h: son superAu. « Les riches sont trop loin des p:iu,Tcs pour jamais connaître la joie d'aider de quelque chose de soi le malheureux dont b main est tendue sans doute, mais dont k cœur sollicit.: aussi l'aumône d'un.: pitié hum:iinc. Nos socialistes de LI .\fai-011 du Pl'11J1lc sont des révolutionnaires, à n'en p:is douter. Ils ont d.: terri bics devises inscrites en lettres A:1mbo1·,111t.d:s,111sleur salle de réunion. Ils \'Culent de tous leurs moyens prép.uer le jour de l.l gr,111de rép,iration de justice. lis feront de leur mieux p,1r L1parole et p.1r l'écrit ou par 1..: bulletin d..: \'Ote. i\[,1is ces ré\'olutionnaircs se sont dit que la plus belle propagande est celle de l',1cte, et ils ont agi. « Pr0chant l'amour des homm.:s, ils commencent par le pratiquer; la n:\'olution sociale se fcr,1 peut-~trc attendre, le bien qu'ils font est immédiat. Si le~ riches donnaient, d.: leur argent et de kur personne, en proportion de cc que donnent ces prolétaires, scr.1it-il question d'une n'.:,·olution sociale? Je ne le crois p;1s, eu· un tel sacrifice impliquerait chez les rlt1sses s11J1/rit!11r,·s un si l'i! sentiment de la réparation de justice duc aux clt1s,es i11f/ric11res, que depuis longtemps on se serait mis d'accord sur les conditions d'une paix sociale fondé.: sur une plus équitable répartition des produits du tra\'ail. " J'ai tenu à reproduire cet important fragment, non scukment parce qu'il est tr.'.:s be.1u comme forme et comm.: pensée, mais encore pour ajouter au remerciement de mes amis de la ::,.faison du Peuple mon remerciement per- ,onnd pour cc généreux article qui, lorsqu'il parut dans la justice, fit plem·oir les piéccs bL1nchcs et nous permit d'ajouter un peu i1l'ordinairc de notre soupe populaire. Et aussi, pour a,·crtir nos chers lect.:urs et amis de la Rn•11tSocialislt' que nous allons bic11t6t rallumer les fourneaux à la ;\bison du Peuple, les mois rudes s'approchant il grands p:1s. Les anecdotes fourmillent dans cc recueil d'articles é.::rits au jour le jour, et aU\si les traits de mœurs, indiqu.'.:s d\m mot précis. ]~coutez ceci : Il s'agit d'un duel que raconte un ami de l'auteur : « :Mon client, qui était enragé, fond sur son ennemi et du premier coup lui transperce la cuis,c. 11cric: « Arrt!te::;_ ! 11 Le tcmoin du blessé - qui était son beau-frère et s011 hùiticr -r.'.:pond: << Xon, non, continuez! » Et cc récit du Midi : « lei, nous dit un autre, j'ai été arrétt!, l'année derniérc, en plein jour. Je rC\'Cnais de la foire. J'a,·ais quatre cents francs sur moi. Un homm~ inconnu était assis sur un tas de cailloux. Il se lc\'a tout d'un coup, quand je fus i1cinq mètres, et me dcm.111da l'heure. Je ne m'y trompai

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