LA REVUE SOCIALISTE l':111 3000. C\:st pour àemain que je voudrais quelque chose. Si je veux sauter :iu premier échelon, atteindre le plus élevé, sans passer par les échelons intermédiaire~, je me romprai le col, sùrcment. Quand on m'aura beaucoup critiqué l\:tat actuel des choses, beaucoup parlé d'égalité, d'équivalence des fonctions, de collectivisme, de mutuel!isme, de communisme, de positiYismc et de la religion de l'humanité, en serai-je plus av:1ncé? En vérité, nous franchissons tous les obstacles, nous méprisons toutes les lois naturelles de l'éYolution; le progres scientifique, raisonné, calme, ce qui ne l'cmpèche pas d'ètrc révolutionnaire, est rejeté comme réactionnaire. Quand on me dit : « Point de réformes utiles, point de progrès, point de conquêtes sérieuses, si la propriété n'est pas transformée de fond cn comble. - La propriété désindividualisée d'abord, et aprés tout ira de soi. L'égalité sera un fait, l'émancipation humaine accomplie! )) je réponds : « Mais vous mettez la charrue avant les bœufs. Mais vous confondez le but et la méthode. Avec votre théorie de la génération spontanée des groupes trouvant la fornrnlc de leur harmonie dàns leur propre existence, je n'ai plus qu'à me coucher et ;t voir venir. )> Et puis enfin, expliquez-moi au moins l't'.:tablissemcnt de votre collectivisme. Passons un peu de la théorie i la pratique. Cette propriété collective, quelles lois régiront ses rapports, et d'abord comment la réaliserez-vous? Qui réglera d'une manière équitable les rapports d'échange des serYices de ces groupes entre eux? Cette autonomie (pour les anarchistes) ou ces groupes de producteurs fermiers de la collectivité (scion vous), cela n'entraine-il pas le privilège pour les uns au détriment des autres? En quoi la possession intégrale, par chacun, du produit de son traYail, établira-t-ellc l'égalité de repartition, base de l'égalité absolue? La liberté des vocations assurée! Comment? Avec des groupes autonomes ou des groupes producteurs ayant spécialisation de fonçtions agricoles ou industrielles ? Les groupes n'auront-ils pas des situations, partant des avantages, bien différents, dérivés de la nature mê1rn: des choses : climat, fécondité, soleil, nature du travail? Ces groupes, dans leurs rapports d'échange, se régiront-ils par les lois arbitraires de l'offre et de la demande? Admettons l'intervention du mutuellisme dans cc cas. Je cherche le contre-poids équitable, scientifique pour éviter les déviations. Vous voyez, mon cher ami, que j'accumule mes questions. C'est vous dire quel vif désir j'é?rouvc d'ètre co11Yaincu: ou que j'ai raison ou qu'il faut que j'abandonne des théories ou plutot une opinion for-
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