La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE. PROBLÈ~IE DE LA POPULATION Lorsque les decc.':sont rares, l:i. place manque pour de non veaux n.:nus, et ils ne viennent pas. » Il n'en peut ètrc autrement-sous l'empire de l:i. loi des salairesdans toutes les sociétés où domine l:i. propriété individuelle. La plus grosse part des richesses étant accaparée par une minorité oisive, il ne reste à la massc productiYc que cc qu'il lui faut pour Yivreet se rcprodu irc afin de satisfaire les besoins de ses maitres. Dès quc la loi des salaires sera détruite (et elle le sera par la socialisation des moyens de production), la natalité et la mort,liitc.':n'exerceront plus aucune action l'une sur l'autre. Il suffit du reste que le sol soit inalil'.:nablc pour voir l:i. natalité se détacher complètement de la mortalité. A l'exemple de JaYa, où la population indigène double tous les trente ans depuis plus d'un siécle, Bertillon ajoute celui de Fort-Mardick, où la mortalité des enfants ne dépasse pas la moyenne de la France. Dans la société socialiste, la mortalité sera trés faible : r 0 / 0 tout an plus, :wons-nous dit. Quant à la natalité, clic oscillera entre --1- et 5 °/o- C'est suffisant. La conclusion de l'auteur prc.':citcq.'u:e <, l'abaissement de la mortalité ne peut avoir d'autre effet que de diminuer le nombre des naissance~ », est la condamnation <lu régime bourgeois. N'est-cc pas la reconnaissance que la richesse acquise par notre si<'.:clene peut profiter à ses enfants, une poignl'.:cde vautours la tenant entre leurs serres et se refusant mèmc à en laisser échapper quelques lambeaux pour nourTir les petits des travailleurs? Naitre el 111011rbiirentôt ou 11epas 11aitre, Yoilà le dilemme que la société capitaliste pose à la desccnd.rncc de l'homme liOnt les découvertes, les inventions, les travaux de toutes sortes ont dc.':cupltl'.a: fortune publique. Partant de cc principe n-ai que « l'éducation d'un enfant doit ètrc considérée comme une des formes de l'impè>t », Bertillon propose d'cxonerer de tous les impè>tsdirects les familles de plus de trois enfants, de frapper d'une surtaxe de ro pour cent celles qui possc.':dcnt deux enfants, 30 pour cent celles qui ont un enfant, --1-0 pour cent celles qui en sont depourrncs et 50 pour cent les célibataires. Quant aux familles de trois enfants, elles ne seraient ni dégrevées ni surtaxées. Au point de vue du droit, rien à dire. Cette réforme fiscale est juste et pratique. Serait-elle efficace pour combattre la dépopulation? Bien peu. Certes, la marche du Aéau serait ralentie. Le chiffre des naissance~ augmenterait pendant quelques années .. Il atteindrait. 25 ou 26 pour mille, puis redescendrait au taux actuel. .. et plus bas encore. Les sources de la vie c.':tantdetcnues par une classe exploitante, le chiffre des naissances varierait avec la somme de richesse abandonnee :i la population laborieuse. Le machinisme rendant de moins en moins utile l'existence d'une classe ouvrière, celle-ci diminuerait en nombre

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