La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE PROBLÈ~E DE LA POPULATIO~ 277 La religion enseigne le mcpris de b ch:1ir, cloigne l'homme de ses dcYoirs famili:1ux et sociaux, fait du cclibat l'ctat parfait, de la Yic mon:1stiquc h Yic excmpbirc. De telles croy:1nccs stcriliscnt tout et ne fccondcnt rien. En rcYanchc, comme lui, nous pensons que « quoi qu'on fasse, on ne pourra pas changer 11otre siècle, 11i l'empêchcrd'C:trc de plus Cil plus incrcdulc ». L:1foi ne s'impose pas, - ou plutot die 11cs'impose plus. Les mesures .propres;\ augmc11tcr la nuptialité 11c semblent p:1s plus efficaces pour élc\·cr la natalité. « Il est rcm:irquablc, obscn·e ;\ cc sujet Bertillon, que l'u11 des pays de b France où les m:1riagcs sont les plus nres, la Bretagne, soit aussi un des plus féconds. li en est de même en Belgiquc, oü les Fbndres comptent;\ b fois peu de mariages et un nombre de naiss:1nccs assez éleYé. Cela montre assez qu'il n'y a p:1sun rapport immédiat et constant entre la nuptialité d'un pays et sa fécondité ». L:1simplification des formalités nécessaires pour le mariage n'est donc pas une solution. li en est de même de l'interdiction de la Yie monastique. Le nombre de familles sans enfants est, en France, de prcs de 2 millions. Sur roo familles 16 sont totalement infécondes. Cette proportion n'a gucrc Yarié depuis le milieu du siéclc, ce qui démontre que la stérilité i11rnlontairc n'a p:1sfait de progrés sensibles depuis quarante ans. Quant aux moyens proposés pour la combattre - restriction de l'us:1gc du tabac et de l'alcool, suppression de la syphilis, etc., - « il suffit de les citer, dit l'auteur susnommé, pour en YOir l'inanité. )) C'est aussi notre aYis. Passons aux mesures proposées en nie d'abaisser la mortalité. « Il est trcs difficile d'ernpC:cher un homme de mourir, dit Bertillon; les plus s:1Yantsrncdecins n'y arrivent pas. Tandis qu'il est trés facile de faire n:1itre un homme; cela est a la portée du dernier rnanœune. n La disparition de b ficwe typhoïde, la Yaccineet la reYacci11cobligatoires, le rétablissement des tours, etc., ne sau\'eraicnt qu'un petit nombre d'existcpccs. \'ouloir diminuer la mortalite de 2 pour mille est une « prctention extrêmement exagérée)). Peut-être ... si l'on se refusait éternellement a toucher aux priYileges des classes oisives. Il n'en sera pas ainsi, foi de socialiste ! ' La grande maladie qui tue annuellement en France plusieurs centaines de mille personnes - le manque de bien-être - le parti du tranil la supprimera au lendemain de sa Yictoirc. Quel sera le taux de la mortalité en regime socialiste? ro pour mille au maximum. Par des réformes sociales, on peut abaisser la mortalité, mais nous doutons fort qu'elle soit jamais inférieure a 12 et même à 1 3 pour mille sous l'empire de b propriété immobiliere indiYiduclle. Nous ayons rn la mortalité générale tomber à 12. 5 pour mille à la Nomellc-Zelandc à la suite

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