La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE PROBLÈME DE LA POPULATIO~ 2ï3 La socicté capitaliste impose à l'homme et ;i la femme le cclibat. Quoi d'ctonnant i cc qu'ils se reproduisent de moins en moins? « La loi qui pousse le capital ù diYiscr les intcrêts de Ja masse des travailleurs, dit l3onnicr dans son Hygiè11ecapitnlisle (1890), dcveloppe le cclibat et le morcellement des forces vives de la_classe productive. Les hommes se suffisant à peine ne se chargent pas de femmes et d'enfants, car chaque jour la machine les chasse de l'atelier et il faut vi\Tc quand même; les femmes isolées et forcccs de se suffire ne peuvent \'Ouloir d'enfants à nourrir et ù élever, ni s'éloigner de l'usine; clics y pénètrent grùcc :'t un salaire moindre que celui de l'homme, et li où c'est possible, les remplacent, en attendant que l'enfant les chasse à leur tour. La lutte indiYiducllc pour la Yic dans la classe pauvre, voilà cc qui arrête la natalité et stcrilise les races en puissance de capitalisme ... Le capital a détruit succcssi,·cmcnt J'antique vigueur nationale, ]a famille, le mariage, la maternité; aujourd'hui, il détruit ]a race dans sa force et dans son germe ... Qu'on rende donc l'homme à son rôle d'homme, la femme ù son role de femme; qu'on cesse d'en faire une marchandise et un article d'hôpital. On fera des enfants quand le capital cessera de défaire des hommes. De même que la classe ounière n'a plus aucun intérêt à aYoir des enfants, qu'au contraire il est de son intérêt immédiat de n'en plus avoir, de même, grùce au régime d'exploitation capitaliste, la femme n'a plus aucun intérêt ù rester femme, ni i devenir mère; son intérêt est de se faire non pas homme, mais de vivre en travailleur, sans sexe et sans rôle social, ni familial. » On le \'Oit, l'appropriation individuelle de la richesse immobilière condamne ,'t ]a stérilitc les familles qui la dt'.:ticnnentet celles qui en sont dépourn1es, celles qui en viYent et celles qui en meurent. III Le capitalisme est impuiss.1nt il guérir ks maux qu'il engendre. D. D. Nombreux sont les remèdes préconist'.:s pour enrayer la dt'.:population. Bertillon, dans sa Dépopulntion de la Frn11ce, s'attache i en faire ressortir l'insuffisance. Parmi· les réformes sociales proposées, il cite la recherche de la paternité, l'émancipation de Ja femme et la promulgation de lois rendant le divorce plus facile. Désirables, ces mesures le sont, à n'en 18

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