La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE rcsponda11t du prix <les denrées élc\·a l.l natalits'.:::\. .p et fit tomber la mortalits'.: :'t 12,5 pour mille. Au Cana<l:1,on ne <lote pas les filles. Notre ds'.:rnographctrouve cette mesure rcco111rnand:1blc.Il nous permettra de ne pas partager son aY1s. L'élevage d'un garçon coûte bien plus cher que celui d'une fille. Cette dcrn icrc passe la plus grande partie de sa Yic au foyer où clic ne fait rien, aide sa mcrc on se liHc :'t un traYail salarié, selon que la famille est riche, aisée ou pau\Tc. r\ vingt ans, ignorante, incapable de se créer une situation indépendante, clic ne peut faire fructifier sa part d'héritage. Le jeune homme a fait de brillantes études qui ont englouti des sommes souvent fort élevées. A vingt ans, il cntr~ dans le monde, les poches garnies de diplàrncs, apte :'t pouYoir occuper des fonctions lucratiYcs ou mettre en valeur la portion de richesse que sa famille lui abandonnera bientot. Sur les capitaux employés à éduquer le fils, la fille n'avait-clic pas quelque droit? Si. Au moment du partage des biens laissés par leurs parents, en sera-t-il tenu compte? );on. Il y a h't une injustice criante. Ses conséqucnçes sociales en sont <lu reste des plus détestables. La jeune fille dépourrnc de moyens d'existence , ,·a bie11t6t grossir les rangs des producteurs. Elle cesse d'0trc femme pour deYenir esclaYc de la machinerie industrielle. Pour clic, être mcrc est un fardeau. L'homme ne le porte pas. Elle ne peut le porter davantage sans s'exposer à être vaincue dans la lutte qu'elle doit soutenir contre l'homme intc'.:rcsséà l'expulser du marché du traY:lil. Le labeur sans frein condamne la femme :i. la stérilité. \'oulcz-Yous lui conserver son beau rôle de productrice d'hommes? Arrachez-la à l'armée des producteurs de marchandises. Comment? En lui assurant l'ais:rnce de bonne heure, à son entrcc dans le monde, dès que disparait l.i famille qui lui a donne'.:le jour. Faites grande sa part d'héritage afin qu'<.:llcpuisse rester femme. De combien de malheurs la jeune fille paunc serait préservée si seulement clic aYaitdroit au modeste mobilier de ses pêrc et rnérc ! « La décroissance de la natalité n'est nullement douloureuse pour les individus, constate Bertillon. C'est la mort par le chloroforme. » Évidemment. Toutes les classes en Yoic de dégénération finissent ainsi . .\u cours de leur période de décadence, elles enfantent des maladies. - Et ces maladies les tuent. La diminution de la fccondité de nos populations oun-ic'.:rcs est une conséquence de l'antagonisme des intér0ts indiYiduels, de la guerre de chacun contre tous et de tous contre chacun. L'homme, la femme et l'enfant se disputent le droit ù la Yic. Le marché du traYail est une arcnc où les plus faibles succombent. Et les plus faibles sont ceux qui ont plusieurs bouches ::\nourrir!

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