La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE PROBLEME DE LA POPUI.ATIO:-J 2jl a t}uelque fortune, il sait que cc. bien si péniblement amassé, si péniblement conscrYé, si difficilement accru, s'évanouira par division, au lendemain même de sa mort. Dans son intérêt comme dans celui de sa postérité, il faut que œlle-ci soit aussi pl'u nombn:use ql!1:possible. « Faites qti'au contraire il n'ait pas un intérêt majeur ,1 rl'~trl'inJrc le nombre de ses enfants, et il s'abandonnera sans n:rrrct comme ,\ 0 , Fort-M;irdick ou comme au foucs11a11t, au bonheur ~i 11:1turelet si doux de se voir continué, en qudque sorte, par une nombreuse famille. << C'est cc qui arrive au Canada. » Dans ce pays « la natalité s'est élevée à 48 pour 1000 habitants en r889 et ,1-1-9en 1890, tandis que la mortalité n'était que de 26 dans chacune de ces deux années. L'accroissement physiologique de la population s'est donc élevé de 20 i 22 pour 1000 habitants. De tels chiffres ne s'obsen·cnt nulle part c;n Europe. Or, ces Canadiens, si extraordinairement féconds, sont les descendants de ces mêmes ~ormands, dont la stérilité dépasse encore celle des autres Français )). Li cause de cette « exhubérantc ))natalité? Bertillon croit la trouver d,111sla liberté entière de mettre Lt fortune acquise :\ l'abri de tout partage. « .\u Canada, <léclare-t-il, un père de famille a toute liberté d'avoir une nombreuse postérité. Quel que soit le nombre de ses enfants, il est assuré qu'un de ses fils continuera son œuYre, et cc fils sera justement celui qui sera le plus c1pable de la continuer. li n'est pas, comme en France, persécuté par la peméc que son bien, si péniblement économisé, sera, après sa mort, vendu, di,·isé i l'infini et annihilé. >> Le rétablissement du droit d'ainesse serait une calamité publique, quoi qu'en puissent penser Bertillon, P. Leroy-Beaulieu, \·achcr, Cheysson et /111/iq11a11/i. Une partie de la bourgeoisie pri, éc de tout bicn-étrc viendrait bicntàt disputer aux prolétaires k pain qu'ils ont dép énormément de mal à gagner. Une baisse générale des salaires se produirait sans retard c11traina11tune augmentation passagére de mortalité et une diminution persistante de natalité. C'est par l'aisance uni\'crsaliséc, c'est par le bien-ètre .1~su1\.: a tous que l'on peut obtenir en même temps une décroi~~ancc de mortalité et une élévation du taux des naissances. L'auteur de la DJpop11latio11 de la Fra11ce ne nous cite-t-il pas lui-même un exemple de fécondité extraordinaire causé par le bien-être généralisé? Le faubourg de Hull (Ottawa, Canada), peuplé d'ou\'ricrs aisés, fournissait, en 1889, 674 naissances et 6ïï, en 1890, pour une population de 10,9-1-3 individus, soit 61,59 et 61,87 naissances par millier d'habitants. Il y a une Yingtaine d'années, à la ~ouyelle-Zélande, une élé\'ation considérable des salaires non suivie <l'un accroissement cor-

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