268 8. 16. 28. 19. JO. 6. LA RE\'UE SOCIALISTE Dcpartèments Nombre de cotes foncii:res par millier d'habitallts ï58 à 600 599 :, 500 -199 il -+OO 399 à 300 299 il 200 199 ù 25 Natalité par millier d'habitants 20.7 20.8 23.6 24.8 25. 6 27.6 Cc fait n'est pas resté inaperçu des démographes. Sous le titre: la .\Tntnliléc11Frnucc, la Républiquefra11çnise écrivait, il y a pres de vingt ans: « Si l'on range les départements français sui\·ant que le sol y est plus ou moins diYisé, on Yoit une notable concordance entre la division plus ou moins grande de la propriété territoriale l:t la fécondité. En sorte que les 30 départements qui contiennent le plus de propriétaires (285 pour 1000 habitants) ne produisent que 2+ naissances pour 1000 habitants. Les 30 qui ne contiennent qu'un nombre moyen de propriétaires ( 2+0 pour r ooo habitants) en produisent 2 5. 7 ; et enfin les départements dans lesquels la propriétc est peu diYiséc (17ï propriétaires pour 1000 habitants) produisent 28 naissances par 1000 habitants. - Cc n'est la qu'une indication ... Remarquons pourtant combien la progression des chiffres aYancés est n:gulierc et \'Oyons-y un signe de leur Yaleur. D'ailleurs ne concordent-ils pas exactement avec nos obscrYations quotidiennes ? Qui ne sait la passion du paysan pour son petit domaine, quels soins il apporte à l'arrondir et qui s'étonnera qu'il tient à le conserver intact même apres sa mort? li sait bien guc s'il a plusieurs héritiers, non seulement il faudra vendre le fruit de tant de traYail et de tant d'économie, mais qu'cncorc les frais de partage et les exigences du fisc absorberont la plus grande partie ou même la totalité du produit de cette Ycntc. En tous cas, il sait qu'aucun de ses enfants ne continuera l'œuwc à laquelle il a voué tous ses effort~. Cette ruine inéYitablc, il ne YOit qu'un seul moyen de l'eYitcr: c'est d'avoir le moins d'enfants possible ». Il n'en peut être autrement sous l'empire de la propriété immobiliere priYéc. « Dès que l'homme commande à une terre, des qu'il a sa vigne, son pré, des qu'il a fondé ou étendu son royaume jusqu'à la haie, au chemin ou au fossé qu'il lui a fallu quelquefois Yingt ans pour atteindre, dit Onésimc Reclus dans sa Géographie de ln Frn11ce, il ressemble au conquérant qui ne veut point démembrer son empire. Il redoute alors l'accroissement de famille qui pourrait le mener à la gêne, et qui plus tard entraînerait le partage, la dissolution du domaine qu'il a mis son âme à créer. »
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