La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

ESSAI DE PROPAGANDE SOCIALISTE DANS LA CAMPAGNE 19 de la France. - C'est la encore une réforme socialiste et collectiviste qui s'impose. La spéculation capitaliste, en ce qui concerne les vins, est surtout saisissable à Bercy : c'est là que sont réunies les puissantes maisons qui alimentent le marché parisien. La haute bourgeoisie n'ayant point encore voulu consentir a la suppression des octrois, Paris paie un droit énorme par hectolitre de vin à 16 degrés; d'oü avantage oonsidérable a introduire des vins artificiellement vinés a -16 degrés et dédoub_lés apres l'entrée; d'oü aussi, avantage pour les négociants à fabriquer des vins de raisins secs et , autres produits artificiels. M. Alglave, dans une conférence faite a Nimes, le 2 mars 1896, a raconté qu'une seule maison de Paris aYait commandé 70,000 hectolitres de vins de raisins secs. Ces gros négociants dominent le marché parisien; la plupart des boutiques de débitants leur appartiennent; ils y placent un homme chargé de vendre les produits de leurs laboratoires. Le consommateur ne saurait échapper a leur action pas plus qu'a leurs breuvages. Il est exploité par eux et empoisonné, ainsi que le constatent tous les jours les médecins dans les hôpitaux de Paris. Pour l'alcool, l'histoire est semblable. M. Alglave a cité les chiffres suivants: Le consommateur paie 2 milliards l'alcool consommé par lui; 360 millions reviennent à l'État et aux communes sous forme d'imp6ts; soixante millio11s seulement arrivent entre les mains du producteur. La différence entre 420 millions (total des sommes payées soit à l'impôt solt au producteur) et 2 milliards représente le bénéfice du commerce, de la spéculation, de la fraude. Mais le producteur est toujours màigrement partagé. Pour améliorer votre situation a vous, viticulteurs, il faut d'abord que vous nous aidiez a briser la tyrannie capitaliste, et qu'a sa place la ville de Paris installe le service municipal de l'approvisionnement en vins de la population parisienne. C'est du collectivisme; mais c'est le seul moyen de faire cesser la spoliation du producteur, l'exploitation et l'intoxication du consommateur. La même solution doit s'appliquer a la vente des fruits, primeurs et légumes. Aux halles de Paris, le consommateur paie un milliard_ les marchandises qu'il achcte : • deux cent millions seulement reviennent au producteur paysan. (Conférence Alglave). Le reste, c'est la part du bourgeois négociant, spéculateur ou courtier. III Avant de terminer, permettez-moi d'étudier encore devant vous une autre branche de l'agriculture, et ·de vous. montrer que dans cette

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