La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

18 LA REVUE SOCIALISTE - \'ous lutterez longuement, car vous ètes tenaces et laborieux, mais vous succomberez fatalement, comme les diligences ont succombé à la concurrence des chemins de fer, comme la navigation à voile a cédé dcrnnt la yapcur, comme le métier à bras a disparu devant le métier mécanique. On ne peut s'opposer, dans une sorte de rêve de réaction, à la nécessité qui se fait jour d'appliquer à toutes les branches de la production les moyens les plus perfectionnés. Le génie humain invente toujours et augmente sa puissance d'action sur la nature. Vous voulez lutter avec vos bras! Dérision! L'agriculture se fait et se fera toujours plus scientifique; clic exige dejà et exigera toujours un matériel de plus en plus compliqué - c'est-à-dire plus cher. Aussi vos ennemis, les représentants autorisés de la haute bourgeoisie capitaliste, se réjouissent-ils déjà. Ils s'apprêtent, escomptant déjà YOtrc ruine, à vous enlever vos terres, à industrialiser l'agriculture; il y a là une belle matiére à opérations capitalistes et de beaux diYidendcs à faire jaillir du sol et de l'exploitation des paysans réduits à l'état de prolétaires. Écoutez M. Paul Leroy-Beaulieu, professeur d'économie politique au Collège de France : La situation agricole ne peut pas durer ; il faut une réorganisation complète des cadres de l'agriculture; il faut la disparition despetits propriétaires qui n'ont ni le crédit, ni les reYenus, ni mème les lumières nécessaires il une production utile à la société, etc ... Citation extraite de : Leltres de Jean G11é!réaux paysans, page 32. Et ailleurs (article cité par la Dépêche de Toulouse, en avril 1895) : De petits propriétaires qui ont des lopins dissiminés, parfois incultivables dans de bonnes conditions, dépourvus des installations les plus rudimentaires. Tous ces cadres du temps jadis appellent une transformation ; elle est douloureuse et délicate, et cependant il faut qu'elle s'effectue. Vous le voyez : Les ennemis de la pefitc propriété, ce sont les représentants de la bourgeoisie capitaliste; ceux qui la défendent, ce sont les socialistes. Mais après le blé, le vin; après le vin, les cocons; et puis les primeurs, les fruits, le fourrage ! Nous trouvons les mêmes plaintes, les mêmes ruines, et la même cause à ces multiples souffrances. Le vin s.e vend mal, parce que les chemins de fer, au lieu d'être à la nation, appartiennent à des compagnies qui cherchent, non point à favoriser la vente libre des produits, mai-s à maintenir leurs dividendes. Nationalisons les chemins de fer, supprimons les parasites de la voie ferrée, et nous pourrons ouvrir à nos vins l'énorme marché du nord

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