La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

ESSA~ DE PROPAGANDE SOCIALISTE DANS LA CAMPAGNE 17 •. entre le prix de vente à New-York et le prix légal en France. Plus forte serait ia.·baisse à l'étranger, plus considérables deviendraient par suite les sommes encaissées de ce chef par les caisses publiques. - Voilà une des solutions pro,·isoires proposées en votre faveur par le parti socialiste. Mais •il faut creuser davantage le problème et se demander pourquoi il est possible qu'à l'étranger on produise du blé à un prix. si bas. Cela tient à des causes multiples : les impôts sont moindres, la valeur du sol est moindre, et, par suite, la rente foncière prélevée sur le sol par l'oisif est moindre aussi. Mais la cause prépondérante, c'est que la grande propriété en Angleterre, en Amérique et ailleurs, cultive mieux que nous : munis de puissants capitaux, armés d'un outillage perfectionné, aidés par les découvertes de la physique et de la chimie, ces industriels du sol exploitent mécaniquement et obtiennent par l'application des séiences physiques et naturelles à l'agriculture un rendement supérieur. Il y a quarante ans, le rendement moyen en France était de 10 hectolitres par hectare Çblé) ; actuellement la productivité s'élève à 16 hectolitres. Dans les pays de culture perfectionnée, en Angleterre, dans les departements du Nord et du Pas-de-Calais, de nombreuses propriétés ont un rendement moyen de 40 à 50 hectolitres par hectare (Proust, Traité d'hygiene). , , Voila la cause de votre infériorité, paysans si durs à la peine! Vos muscles toujours tendus pour l'effort ne pourront jamais lutter avec le fer et l'acier de la machine. Vous êtes mal outillés, vous n'avez pas d'engrais, ou, si vous achetez les engrais chimiques, vous êtes trompés encore par le bourgeois sans scrupule qui vend des matiéres saru valeur. Ici encore le socialisme accou1t à votre aide : article ro (programme du parti ouvrier). « Achat par la commune, avec le concours de l'État, de machines agricoles ou location de ces machines mises gratuitement a la disposition des petits cultivateurs; création d'associations de travailleurs agricoles pour l'achat d'engrais, de semences, de plantes et pour la vente des produits ». Voila l'idée qui sauvera votre petite propriété; mais qu'on se bite! Vous n'avez ni outillage, ni capitaux., ni moyens d'acheter ou de vendre en gros; il faut que la commune crée en elle un commencement d'outillage collectif et d'organisation collectiviste de la vente, de l'achat et de la production; il faut que tout cela soit mis a votre disposition et fonctionne pour vous et dans votre intérêt. Sinon, vous serez ruinés; c'est le sort qui vous attend; car on ne peut lutter sur le marché du monde_ et sous le régime de la concurrence universelle que si on est armé comme le sont ses rivaux; c'est la l9i du-progrès. Qui ~e sert aujourd'hui de la quenouille pour filer? 2

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