.. REVUE DES LIVRES 249 çssentiels des religions primiti\'es, montré, par exempk, l'universalité et les analogies des mythes du déluge, de l'origine de la mort, de l'enlévement du feu, et il nous fait entrevoir la possibilité de ramener la diversité dès légendes divines à quelques croyances élémentaires. Son enquête embrasse la presque totalité de l'histoire des peuples aryens et la presque universalité des peuples 11011 civilisés actuels; elle a mis à contribution les dernières· découvertes de la sociologie ethnologique et les plus sérieuses relations des voyageurs. On trouver:i peut-être que M. Lang n'a pas donné aux lois de la geni!~e, du développement des mythes et du rituel toute l'importance qui leur était due, et qu'il a trop sacrifié à la critique et à la polémique. Ad\'ersaire convaincu de la théorie linguistique, il ne manque pas une occasion d'en montrer les insuffisances et les faiblesses, d'en saper les fragiles fondements. On regrettera peut-être aussi qu'il n'ait pas tiré de ses investigations toutes les conséquences philosophiques qu'il aurait pu en tirer. Telle qu'elle est, son œuvre n'en est ,Pas moins remarquable par la profonde érudition, l'abondance des preuves appuyant s~t thèse principale et la clarté qu'elle projette dans le chaos confus des mythes et des religions primitiYCS.Une vérité profonde s'en dégage : c'est que les conceptions embryonnaires des races les plus diverses sont toutes pareilles, que l'âme humaine s'est posé toujours et partout les mê,mcs questions au début de son histoire, et qu'elle leur a donné dans des mythologies analogues les m.:::mesréponses. Elle montre encore que la confusion oü se mêlent les hommes et les <lieux, les animaux et les plantes, les astres et les mers, est il l'origine de toutes les croyances religieuses. Le livre est précédé d'une magistrale introduction de M. Marillier, dans laquelle le savant professeur de !'École pratique des Hautes-Études esquisse le rôle des mythologies, la raison de leur genèse et leur transformation en symboles à l'aide desquels nous nous traduisons à nous-mêmes nos émotions rdigieuses. Elles ne nous servent plus à résoudre des problèmes auxquels l:t science répond aujourd'hui, mais clics nous font goùter dans ses formes multiples et si riohes le sentiment profond de la communion avec le divin, dégagé des affirmations dogmatiques et des préceptes moraux qui l'obscurcissent. « La religion qui a commencé par être purement mythologique se doit achever eu une mythologie après avoir traversé une longue phase éthique, Cela semble accorder une surviYancc peut-être indéfinie aux vieux symboles mythologiques >J. * * * Le Contrat humanit_aire, par STANISLAS Frrnr-ORT. -- Paris, Giard et Briere, 1896. L'auteur - comme il le dit lui-même dans sa préface - a tout simplement l'intention d'étudier la question sociale « dans .ses causes et dans toutes ses_formes >J, et <l'en proposer une solution complète et nouvelle. M. Fierfort a une étonnante faculté de simplification ; en quelques pages il démontn.: l'inefficacité de l'internationalisme, la nécessité absolue de l'existence du
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