La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

2 50 LA RE\'UE ~OCIALISTE ------------------------- capital, l'incompatibilité du darwinisme avec la croyance au bonheur progressif de l'humanité, et l'insuffisance actuelle des institutions de secours. Il pcnso.: que par une organisation meilleure de la société on pourrait arriver à soulager J:l presque totalité des misères humaines en général et celles des vieillards en particulio.:r; il prétend la solution de la question sociale possible « au moyen d'un projet unique, compréhensible et acceptable à tous », une mutualité fratern,•llc qui, si eile était profondément et largement établie, transformerait dans l'espace do.:douze ans seulement les conditions d'existence de la majeure panic do.:sFrançais. M. Fierfort nous donne un plan d'organisation de cette désirable associatio11 11111!lldle t frntcrudle de France. Elle serait formée sous les auspices et avec la protection de l'Èt,1t qui lui fournirait l'immeuble où siégerait son conseil, et lui abandonnerait les fonds de ses caisses de secours. Le conseil serait composé de trente et un membres choisis dans toutes les branches d'activité sociale, nommés à vie par l'État. Les enfants naturels nés d'une mére française ainsi que les orphelins sans ressources seraient reconnus pupilles de l'association, qui instituerait des maisons spéciales pour les incurables et les infirmes et de toute façon viendrait en aide à la misére. L'auteur pense que le budget annuel de l'association serait à peu près de 4 111illiards ! ! somme qui pourrait être obtenue par des cotisations, des impôts nouve,1ux et la quote-part de l'État. Malgré l'effroi qu'il peut inspin.:r à première vue, le projet de M. Fierfort, consciencieusement étabi'i, mérite l'attention et témoigne d'un profond sentiment de solidarité et de pitil'.:humaine. R.F. * * * Philosophie du déterminisme. Réflexions sociales, par Jacques SAUTARE-L. r Yolume, chez Stock. Paris, 1896. Je voudrais pouvoir dire beaucoup de bien de ce livre où sont exprimées des idées que j'aime; mais ses défauts en diminuent tellement l'utilité, que je ne le pourrais qu'avec peine. M. Sautard ne convaincra, me semble-t-il, aucun de ses adversaires et il n'enthousiasmera guère ceux qui pensent comme lui. Ce qui fait pour lui la valeur du déterminisme, ce sont, cela est manifeste, les conséquences sociales de cette philosophie. Cette tendance utilitaire, si l'on peut employer ici cc mot, est légitime. Effectivement, une théorie de l'univers doit surtout nous intéresser, si elle peut hâter l'avènement du bonheur. Mais justement, puisque seuls la liberté et le bonheur importent, il est superflu de dire dans un livre de propagande, et sous prétexte de réjlt'xio11sociales, que la photosphère du soleil représente un volume de 1, 374,500,000,ooo,ooo,ooo kilomètre~ cubes. Le livre de M. Sautarcl contient beaucoup trop de sciencr. Devant le lecteur, la physique, l'astronomie, la chimie, la physiologie et un tas d'autres choses passent et repassent avec une rapidité vertigineuse. En arrivant :\ la fin de certains chapitres on est comme fatigué d'universel. Or, M. Sautard ne me répondra pas qu'il est bien libre, si cela lui plait, de faire un livre de physique ou <le physio-pathologie, car son livre est tout

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