La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA RE\'U E SOCIALISTE REVUE DES LIVRES Mythes, cultes et religion, par A. LANG, tradu_itpar LÉON MARILLIER. - Paris, Alcan, 1896. La science mythologique a balbutié ses premières théories dans l'antiquité. Quand les hommes se furent rendu compte de la psychologie barbare, absurde et monstrueuse de leurs divinités, ils voulurent harh1oniser ces conceptions avec leurs conceptions à eux, plus logiques, plus philosophiques, plus spirituelles, et satisfaire ainsi, en premier lieu, un profond besoin moral. On chercha à interprc'.:ter les mythes par l'étymologie, l'allégorie physique, la divinisation des hc'.:ros; nuis ces explications pas plus que les explications politi,1ues et symboliques n'ont de science suffisante ou de méthode rigoureuse. Tous ces systèmes d'interprétation furent repris par les modernes, élargis, approfondis, enrichis de vues nouvelles et d'C::rudition, appliqués avec plus de sûreté et d'impartialité. La dernière école en faveur, celle de Max Muller, I<uhen et Bréal, venue après l'épanouissement admirable de la philologie, a eu pour but de rendre scientifiques les anciennes interprét,ttions étymologiques. M. A. Lang nous propose une méthode noll\·ellc - ou tout au moins il la défend - dans un gros volume qui a paru en anglais en 1887, et qui est un essai d'étude historique et comparative des principaux 111ytbes antiques et contemporains. C'est l'application de la méthode anthropologique ou ethnologique pratiquée déjà avec plus ou moins de netteté par Eusèbe, Fontenelle, de Brosses et Mannhardt. Elle a pour objet de trouver un état mental, dans l'<::volution de l'humanité, où les absurdités, les monstruosités, les prodiges de certains mythes « soient partie intc'.:grante des croyances actuelles ; » elle s'attache à démontrer que les éléments irrationnels de ces mythes sont une survi\·ance de l'état sauvage. Si elle n'explique pas pourquoi les hommes, à telle phase obscure de leur développement, se font des dieux et du monde de telles conceptions, cette méthode a l'avantage de rendre compte de l'uniformité des mythes dans les races les plus diverses, et de rattacher leur évolution à l'évolution générale de l'humanité. M. Lang n'a donc pas étudié pour l'lles-111é111es les croynnas des sainages, mais pour les similitudes qu'elles présentent avec plusieurs mythes grecs ou germains. Il a établi ·nettement une concordance frappante entre les éléments

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