La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

MOUVEMENT SOCIAL 243 l'œuvre d'une municipalité bourgeoise eclairéc et prévoyante, et qu'elles n'ont rien coûté aux contribuables : les charges communales n'ayant été augmentées que dans une proportion insignifiante depuis _vingt ans. C'est même à ce régime <l'administration si intelligente et si hardie, que l'on doit si les faubourgs de Gl:isgow se sont réunis à la ville de Glasgow, -en renonçant à leur autonomie. Glasgow compte aujourd'hui presque 700,000 habitants et, apn'.:s Londres, c'est le centre le plus important Je l'industrie et du commerce du RoyaumeUni. « Ce qui vient <le se passer à Glasgow et qui s'est produit aussi dans une mesure plus restreinte dans d'autres villes de l'Angleterre, montre combien l'évolution économique est favorable au mouvement socialiste, car la classe bourgeoise, qui en serait surtout menacée, se voit obligée, consciente ou inconsciente, à préparer les conditions de la nouvelle organisation sociale. « Ces réformes sont le résultat de l'expérience et amenées par l'évolution sociale, que la bourgeoisie parait vouloir favoriser dans son intérêt, au lieu de l'entraver, comme il arriYc bien souYent en France. » ITAUE Le Congres socialiste de Florence. - De notre collaborateur Eudemo11e: Vous souvenez-vous du titre mélancolique Ju dernier chapitre de la Vie de Bo/Jème, d'Henry Mürger? « L1 Jeunesse n'a qu'un temps», et cela est vrai pom les hommes autant que pour les partis. On se rappelle l'enthousiasme extraordinaire du Congrès de Reggio au 1er s,:ptembre 1893. Dix mille paysans, :1xec kurs femmes et leurs enfants, apportant des fleurs, allaient a la rencontre d<.:scongressistes, et sur le front de ces humbles gens rayonnaient a,·ec le doux soleil septembral l'espèrance et la foi. Cet épanouissement rappelait a la mémoire et sur les lèvres le cri mystique du peuple de Jérusalem qui, a l'honneur de Jésus, chantait le verset des psaumes : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Le fils de l'homme, celui qui portait la bonne nouvelle aux malheureux, c'était Camillo Prampolini. Ce fut alors le vrai prinwnps du socialisme italien; on vit tout germer, tout éclore; la sève s'épanouir en rameaux et s'élancer joyeusement au dehors. Le passage de la jeunesse à la Yirilité eut lieu sous le gouvernement de terreur de ce diminutif de Tibère : Francesco Crispi. L'orage de persécution qui s'ensuivit donna du nerf et de la force au parti. « Il y a toujours quelque avantage à porter le joug au temps de sa jeunesse, i, a écrit un savant. Au quatrième congr(;s des socialistes itali,:11_,qui eut lieu a Florence les

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