REVUE DES REVUES plus l'infaillibilité. La théologie se fait humaine. Les maximes fraternelles de l'évangélisme primitif seules supportent la nouvelle doctrine sociale. C'est l'esprit religieux, non la religion, qui inspire ces jeunes défenseurs des droits du peuple. M. Goyau, qui analyse aYec pént:tration et une grand~ imp~rtialité les événements qui se déroulent sous nos yeux, reconnaît la valeur, la précision, la clarté des solutions socialistes, même collectivistes. Il apprécie avec beaucoup de jugement, de loyauté et de considération presque sympathique les récentes déclarations et les fortes répliques de Guesde répondant à M. de Mun. li ne conteste point la netteté et b solidité de son programme économique. Il lui reprocherait plutôt l'insuffisance (selon lui) des principes philosophiques sur lesquels il s'appuie pour justifier l'idéal de fraternité auquel il voudrait conformer cet État de l'avenir. Ailleurs il dira que son parti n'est qu'un élcmcnt du vaste mouvement social qui emporte cc temps. Il a sa place i se faire, comme les autres, en face des autres, non contre eux; son œuvrc est une œuvre d'émulation, non d'opposition stérile. Si la question était vraiment posée ainsi par les démocrates chrétiens, il semble que la partie serait belle à tous égards pour nous. Car nous ne différerions que sur deux points : la conception du mode de la propriété sociale (puisque sociale elle est dans son principe pour les uns comme pour les autres); et d'autre part les principes philosophiques ou les croyances sur lesquels reposerait l'idéal. du monde nouveau. Sur le premier point, il est probable qu'une longue période de préparation précédera l'ordre social futur. Pendant cette période, les vœux sont concordants : restriction de la propriété individuelle; charges correspondantes à la possession ; reconstitution des biens communaux; émancipation du traYail par l'association, la coopération, la participation; minimum de salaire; minimum d'heures de travail; repos obligatoire; assurances contre la maladie, le chômage, la vieillesse. La plupart des articles du programme socialiste se retrouvent chez les démocrates chrétiens avec quelques formules procédant d'une autre inspiration. Quant à l'organisation de la société nouvelle, bon nombre de chrétiens la voient sous la forme d'une sorte de communalisme, d'un État contrôleur et affermcur mais non jui-même producteur. Beaucoup de socialistes non chrétiens sont portés à cette conception. On peut s'en référer ici à la brochure de Malon : le Socialisme . réformiste. Sans insister davantage sur cette concordance plus ou moins grande des solutions, qui demanderait à elle seule un examen attentif et une sérieuse critique, on peut admettre que la doctrine économique du socialisme chrétien est bien prcs du socialisme en général, compris dans une large acception, en ses principes essentiels. J
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