lA REVUE SOCIALISTE caprice, l'ordre:\ l'arbitr:iire ». (r) « A la base Je leur doctrine sociale, les démocrntes chrétiens placent b j11slice qui implique un droit pour les autres, tandis que la charite impose seulement un devoir pour nous». (2) Cc fut le titre, c'est le drapeau de l'ardent journal de l'abbé N:llldet, et ceux qui ont lu avec suite cet organe y ont rencontré parfois :ivec surprise des affirmations et des propositions d'un caractère nettement révolutionnaire. Les démocrates chrétiens ne sont plus comme les disciples du comte de Mun des « dirigeants » soucieux d'exercer un noble patronage sur les classes populaires, c'est un parti ouvrier qui, comme le notre, compte dans ses rangs, confondus, des intellectuels et des conseillers d'origine bourgeoise, c'est un parti d'organisation ouvrière professionnelle. Dans le Nord, il y eut pendant quelque temps un sérieux conflit entre les patrons catholiques et les démocrates chéticns. Le programme du parti est un programme de revendications des droits de l'individu humain, fondé sur le respect dô à une créature de Dieu. Ce n'est plus seulement le patron qui, selon la doctrine des Le Playens, a des devoirs envers l'ouvrier, c'est l'ouvrier qui affirme ses droits de vie et de liberté contractuelle. C'est aussi un programme de solidarite sociale, au nom des primitives maximes chrétiennes. Les démocrates chrétiens ne reconnaissent pas le droit absolu de la propriéte personnelle. L'homme n'a point droit d'usufruit. La proprieté est une délégation en vue de l'utilité commune. Elle a des charges sociales, disent les uns. - Elle n'est qu'un mode de répartition temporaire et toujours révocable, affirment les autres. Car, sur cc point, il n'y a pas entente entre tous les théoriciens. L'opinion gcnérale est favorable comme le socialisme à la reconstitution la plus large des biens communaux, et à une forme de collectivisme agraire rnitigé, familial ou communal. M. l'abbé Charbonnel, dans un article de !'Eclair du 2 août dernier, apportait des preuves concluantes à l'appui de son dire, contesté par les modérés, que le socialisme chrctien existe, et qu'il se caractérise tout d'abord par ses principes nettement socialistes. Il s'en référe aux grandes autorités de Manning, Ireland, Dccurtins, Hitze, Ketteler, Bagshawc. Nous venons de constater, par le résume rapide des derniers écrits de nos jeunes démocrates chrctiens, que cc socialisme tend à se développer sous une forme de plus en plus précise. Il reste chrcticn dans son essence, dans son inspiration, mais il se prctend et veut être tolérant. Ceci est nouveau. Le dogme ne revendique (1) Goyau : la Q11i11:;:ai11e, l s Idces et les Faits, 1" et 15 juillet. (2) Rcnaudin : la Q11i11;;:_ai11e, le Mou,·ement ouvrier chrétien, 1" et 15 juin.
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