202 LA REVUE SOCIALISTE Mais l'équivoque est con<lamnée et rendue impossible. Il faut opter loyalement entre les <leux. Qu'on n'essaie point de prétendre que la scission s'est produite entre partisans de l'action politique et partisans de l'action corporatiYe. Cela est faux. Le Congrès n'a cessé de préconiser la double action et <le crier aux travailleurs qu'ils n'ont pas trop de ces deux bras de leur parti pour s'affranchir de la sen'itude qui pèse sur eux. Qu'on ne dise pas davantage qu'il s'est montré intolérant et impatient de la contradiction. Il ne s'agissait pas ici d'une con[6rence . contradictoire et académique. Un grand parti, que les circonstances peuvent appeler au pouvoir plus tàt qu'on ne pense, avait à dire nettement quel est son but et comment il entend y parvenir. Il s'est fermé, cc qui est son droit strict, à droite et à gauche. Il a dit aux partis bourgeois : Nous voulons la substitution de la propriété et de la production socialistes i la propriété et à la production capitalistes. - Il a dit au parti de l'anarchie : Nous Youlons user de tous les moyens de lutte, politiques ou économiques, que la constitution de la société actuelle met à notre disposition. Mais nous ne Youlons ni de la propagande par la dynamite ni Je la levée tumultuairc sans ordre, sans plan, sans organisation. Il faut l'avouer, cc mouvement de concentration sur soi-même, cette rupture avec des éléments Yoisins, ne s'opère pas sans difficulté, sans déchirements douloureux. Entre deux partis qui se séparent il y a toujours des hésitants, des indecis, qui pàtisscnt de leur indécision même. Mais c'est là souffrance momentanée. Chacun, suivant ses affinités naturelles, ira se joindre a l'un des groupes et, au bout de quelques mois, l'accroissement de force donné au parti, qui a resserré ses rangs et son programme, par l'union plus réelle et plus solide de ses membres, prouvera l'utilité de la besogne accomplie. En Yérité, le Congrès n'eût-il pas fait autre chose que cette œuvre d'honnêteté politique, cc travail de précision nécessaire, on pourrait dire, comme le lui a dit je ne sais plus quel orateur, qu'il n'a perdu ni son temps ni sa peine. I II Mais le Congrès a fait autre chose. Ses membres n'ont guère eu le temps de visiter Londres, occupés qu'ils étaient du matin jusqu'au soir et par les scances plénières et par les réunions de commissions. C'est dans ces dernières que se sont élaborés les rapports qui ont été ensuite soumis à la discussion et au vote. Je ne dirai pas que cette discussion ait toujours été approfondie
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