La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

12 LA REVUE SOCIALISTE non possédantes (art. 3 et 4 du programme agricole du Parti ouHier français), une caisse de retraite agricole pour les invalides et les Yicillards alimentée par un impôt spécial sur les revenus de la grande propriété (art. 5 du même programme), un minimum de salaire pour ics ouvriers à la journée et pour ceux qui sont loués à l'année (art. 1er du même programme). Plusieurs de ces reformes ont été proposées aux Chambres par les socialistes; on a longuement bavardé, afin de vous faire croire qu'on songeait à vous; mais on n'a rien fait. On vous a paye de promesses et de vaines paroles, parce que la haute bourgeoisie capitaliste, qui est maîtresse du gouYerncment, ne veut pas qu'on réalise en Y0trc faveur les réformes les plus équitables. Pour soulager Yotrc sort, il faudrait diminuer son opulence; et clic ne Ycut pas en abandonner la plus minime parcelle, à moins que vous ne Yous redressiez comme dlé!s hommes et n'ayez ~nfin le courage d'exiger. II Notre programme final consiste donc à mettre la terre à la disposition et en la possession de celui qui la cultive; c'est YOUs faire comprendre du même coup que nous sommes non pas les ennemis ( comme nous en accuse la mam·aisc foi de nos adversaires), ma'is les amis et les défenseurs des petits propriétaires. En effet, ces derniers possèdent le moyen de production, qui est le sol; ce moyen de production se trouve encore, sur bien des points, posscdé à titre individuel par les producteurs eux-mêmes.« Notre rôle ( comme disent les considérants du programme agricole du parti ouHier) n'est pas de séparer la propricté et le travail, mais au contr,lire de réunir dans les mêmes mains ces deux facteurs de toute production dont la division entraîne la servitude et la misère des travailleurs tombés à l'état de prolétaires >>. Nous sommes donc les amis, les défenseurs, les seuls a111isiucères des petits propriétaires. Pour vous le prouYer, commençons par réfuter quelques-uns des mensonges avec lesquels la presse bourgeoise vous trompe. On dit couramment: En France, la terre appartient au paysan, tout le monde est propriétaire. En effet, il y a dans notre pays q millions de cotes fonciercs, ce qui équivaut à c1wiron 8 millions de possédants. Heureux pays! presque tout le monde est propriétaire - mais beaucoup n'ont que fort peu de chose. En effet, 74 °/ o des cotes foncicres concernent des proprictés de o à 2 hectares, c'est-à-dire des possessions minimes et dont l'exploitation ne saurait faire vivre une famille. Les trois quarts des cotes foncières désignent donc des propriétaires apparents. - Cela ..

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