ESSAI DE PROPAGANDE SOCIALISTE DANS LA CAMPAGNE II point les moyens de production, sans la possession desquelles le producteur ne saurait-être libre. A vous la force de traYail, à d'autres la terre et l'outillage agricole. C'est de cette séparation que nait Yotrc malheur. La terre appartient au grand propriétaire oisif: il Yous admet à l'honneur de travailler sur son bien, mais à son profit. Il ne Yous occupe que parce qu'il a intérêt à le faire, parce que YOUSll!i rapportez chaque jour beaucoup plus d'argent que vous ne lui en coûtez. Naturellement, les bénUices sont pour lui. Cc grand propriétaire, votre patron, est un des membres de la bourgeoisie capitaliste, de la classe qui vit du travail des autres, de votre travail. Vous sentez bien que cette classe est \"Otre ennemie, puisqu'elle vit à YOSdépens, puisqu'elle vous dépouille d'une partie de cc que YOUSproduisez. • Yous ne serez emancipés économiquement, vous ne rcccwez le produit intégral de votre travail que lorsque l'outillage agricole et la terre sur laquelle vous travaillez vous appartiendront. Alors les produits de YOtre labeur seront pour vous; nul parasite ne s'interposera entre vous et cc que vous aurez créé. Alors aussi YOus serez libre politiquement et moralement. \'ous penserez et Yous agirez en homme libre; vous regarderez fièrement le ciel ; car YOUSn'aurez plus la crainte de déplaire au· maitre et de perdre YOtrc traYail. Le parti socialiste veut \"Ous donner la terre, non pas eu la partageant ( comme nos adversaires le disent), mais en transformant les grandes propriétes en propriétés communales et nationales, qui seront mises sous des formes diverses à la libre disposition des travailleurs pour qu'ils en tirent le meilleur parti possible. Tantôt les terres communales seront exploitées en grand par des associations d'ouvriers agricoles; tant6t (cela dépendra des cultures et de bien des circonstances) chaque famille recevra une étendue, dont clic jouira, moyennant une faible redevance, à la condition de travailler elle-même et de n'exploiter personne. C'est ce que le citoyen Fcrroul, maire socialiste de Narbonne, a réalisé dans son pays, procurant ainsi l'aisance et le bonheur à de nombreux ouwicrs. Voilà le remède - complet et définitif - à votre misère. Il faut rendre au peuple travailleur ce qui lui appartient: pendant la Rholution, les bourgeois se sont emparés des biens du clergé, des biens de la noblesse, des biens communaux; pendant que les sans-culottes de r 79 3 défendaient la Patrie, eux tripotaient et accaparaient, protégés contre l'étranger par les baïonnettes des paysans et des ouvriers. Il est temps que justicc se fasse et quc les fils des sans-culottes héroïques rentrent en possession de leur heritage. Mais, en attendant le grand joùr de l'émancipation totale, nous demandons comme mesures préparatoires l'interdiction aux communes d'aliéner les biens communaux, l'attribution de ces biens à des familles
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