La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

180 LA REVUE SOCIALISTE LESVALEURS AU PORTEUR ET LES DROITS DE SUCCESSION Tous les partis politiques qui se sont succédé au pou,·oir pendant ces t!erni.:rcs années se sont n1s obligés, sous b pression de l'opinion publique, d'aborder la réforme de l'impôt. Mais combien peu ont eu foi dans la réussite de leur œune, comprenant qu'il est difficile de demander:\ ceux qui posscdent (et tel est le cas <lebeaucoup de nos honorables), d'assumer volontairement <lenouYelles charges et de se frapper c·ux-mêmespour soulager les petits, les travailleurs, et tous ceux qui souffrent des inégalités sociales. Tous les systèmes proposés se sont heurtés, dans leur application, aux mêmes difficultes. Car, s'il semble juste de faire participer dans une plus Luge mesure aux charges publiques le capital acquis et réalisé, il serait mauvais de frapper le capital en voie de formation, c'estù-dirc le gain journalier de l'ouHier, du négociant, du sa,·:i.ptou de l'arti~te, qui sont les Yéritables créateurs de la fortune publique et de la prosperite nationale. Il ne faut donc pas que le tra\'ailleur, - et nous comprenon~ sous cette désignation l'ounicr aussi bien que le négociant ou le saYant, - puisse souffrir de recherches inquisitoriales sur l'importance de son salaire, de son gain ou de ses revenus, et de mesures qui n'auraient d'autre résultat que de le decouragcr dans son œuvrc. Cc n'est donc pas dans une nom·cllc répartition de l'impôt, c'estù-dire par une mesure qui atteindrait le travailleur et le capital en formation, qu'il faut chercher le remède à l'état de choses actuel, mais dans une rigoureuse application des lois actuelles qui frappent les successions, c'est-à-dire le capital acquis et réalisé, et l'application de mesures telles que nul ne puisse éluder la loi, quelle que soit la nature Je ses biens.

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