10 LA RE\'UE SOCIALISTE En effet, c'est cette classe qui \'0US ruine, qui \'0USronge, paysans. Toujours et partout \'0US Y0us heurterez, \'0LIS \'0US briscrc~ c_ontre clic, contre ses intl'.:rêts, contre son a\'euglcrncnt, contre son ego1srne. C'est cc que je Yais Yous proLl\'er, en <'.:tu<liantsucccssi\'emcnt la condition et les plaintes des deux cat<'.:goriesprincipales <le trarnilleurs <'.:gaiement 1111'.:ritantsqui composent notre population, les journaliers agricoles et les petits propriétaires. Les journaliers sont certainement les plus nulheurcux; cc sont des exploités Jans toute la force <luterme. Leur nombre est considl'.:rable en France, si nous en croyons les statisticiens mêmes <lu gou,·erncmcnt (de Fo\'ille, la Fra11ce éco110111iq11e ( 889). On compte 1,.+80,68ï journaliers et I,95-~,251 <lomcstiques à gages, hommes ou femmes, ,•iyant dans les fermes. Les journaliers gagnent en hi\'er 2 fr. ou 2 fr. 25 c. par jour et, en été, quand les journées sont si longues, 2 fr.50 à 3 fr., rarementda\'antage, si cc n'est au moment de la moisson et des Yendange~, quand le tra\'ail est tn'.:spressant et que les bras sont rares. C'est peu certainement; et encore \'0US seriez bien l1eureux, si Yous pou,·iez être ccrt;1ins d'.n-oir <lu traYail toute l'année. i\Iais \'OUS redoutez ces longs hi,·crs, où l'on reste deux ou trois mois sans rien faire et sans rien gagner. A ce moment, la famille souffre: le grand propriétaire, Y0tn.: patron, s'en moque bien; il nourrit ses cl1c,·aux, quand la pluie ou le gd empêchent tout travail. Mais Yous, il ne Yous nourrit pas: il n'a pas besoin de YOus et il mus re1woie. Vous sentez bien par là la cruauté de cette classe capitaliste qui soigne che,·aux. et mulets, mais que le sort des hommes et des enfants laisse indifférente. \Tous Yicillisscz ainsi de souffrance en souftr,1ncc, de plainte en plainte. \'ous élcYcz péniblement Y0trc famille; YOus Yoili vieux. Qu'allcz-Yous dc\'enir? On vous chasse; \'0us ne pouvez plus rendre une bonne journée; vous produisez moi11s que le jeune homme vigoureux. Le propriétaire vous congédie. Allez vous-en ! Pendant trente ans, on a exprimé de vous toute la sé\'e et toute la force de rntrc corps. Et aujourd'hui on Yous jette à la rue, comme le raisin des éché et vidé par le pressoir. Yoili votre sort. La société n'a pas sonaé à \'OUs assurer à YOUS b ' qui avez tant travaille, un peu de ce pain et de cc vin que Yous avez produits pour d'autres. Pourquoi êtes-vous malheureux? Parce quc, conformément à la doctrine socialiste, vous ne possedcz
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