LA REYUE SOCIALISTE machine étalant son imperfection et sa lourde gaucherie en plein jour, et une svelte, brillante, féeriquement aérienne fantaisie, toute de llllnière, et de lumière avivée par l'e1wcloppe d'une ombre épaisse rend:rnt l'effet cent fois, mille fois aigu, par contraste. En un mot, Yoici, dans ses grandes lignes, l'économie de cc que nous proposons : au lieu de chars historiques ou allégoriques forcément massifs et d'un criard maladroit sous la lumière crue du soleil, des espéccs de chars à lanternes, des chars à transparents promenés par les rues, les places, les boulevards, après la tombée du jour. \'oilà le point de départ, le germe, la base première. Après quelques considérations techniques sur leur facile et peu coùteuse construction et sur leur non moins facile et aussi peu coûteux mode d'éclairage, nous développerons tout cc qu'il est possible, selon nous, de tirer d'un tel point de départ, ce qu'il est capable de fournir i des intelligences artistes mises au service des aspirations républicainemcnt démocratiques d'une collectiYité aYide de se formuler esthétiquement, d'incarner décorativcment sa compréhension idéale d'elle même, de son rôle historique, historiquement humain. Rien de plus aisé et de plus simple à dresser que nos chars. Une plate-forme de camion suffit pour asseoir le léger échafaudage qui les constituera en tant que manifestation d'art. Des lattes et des cercles de barriques, des tringles, des rubans et des fils de fer, suffisent pour l'ossature. Une enveloppe de papier huilé coloré ou de minces étoffes gommées sont le revêtement demandé. La première qualité <les transparents est la transparence, dont ils tirent tout leur jeu de clartés variées, et la transparence s'obtient i peu de frais parce qu'elle implique plutôt le moins que le plus en fait de construction. Reste le densex machina, c'est-à-dire la lumière à établir convcna-, blement à l'intérieur. Les lampes électriques simplifient la question jusqu'à en rendre la solution presque enfantine. Avoir indiqué le moyen équivaut :'t avoir résolu toutes les difficultés que le côté éclairage aurait pu présenter au premier abord. Une lampe électrique s'accroche oü l'on veut, comme l'on veut, éclaire cc que l'on veut, avec l'intensité que l'on veut. On n'a qu'à placer les fils conducteurs, attacher les foyers de lumiere, essayer le courant, et ... la lumière est. Et dès que la lumiere est, le spectacle naît, s'affirme dans toute sa splendeur de météore et d'apotheosc. C'est comme un coup <le baguette de magicien. Et maintenant, la question purement d'art demeure seule à • résoudre. Ainsi dégagée de toutes les difficultés purement d'exécution pratique, elle peut être envisagée dans son ampleur philosophiquement sociale.
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