La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE PEUPLE ET LES Fl~TES Cc qu'il y a ,i faire passer sous les yeux du peuple, en nos défilés, aux nuits de fêtes publiques, offre un champ à peu près sans bornes à la faculté créat!·icc du penseur artiste. ous l'avons dit, mais il est bon d'y reYcnir, l'histoire nationale, l'histoire humaine, l'allégorie, le plus large symbolisme, rn sont les éléments premiers. Mais il n'est pas nécessaire de se cantonner dans ces sphères, par clics-mêmes cependant déjà si vastes, si fécondcment englobantes. La science, les sciences considérées dans leur Yic à traYcrs les :1gcs, leur marche historiquement progrcssiYe, à clics aussi, les sciences peu,·ent fournir un cycle de_spectacles éloquents, presque imlèfini. li en est de même pour l'histoire, mise en mouvement représentatif, des arts, des lettres, tic la philosophie. Tout se tient, tout s'enchaine et s'éclaire n'.:èiproquement, lorsqu'on le conçoit sous un angle suffisamment ouvert, lorsqu'on le' regarde sous un point de Yue Yéritablcmcnt humain. Des tableaux mettant en quelque sorte sous nos yeux, dans la langue des formes et des couleurs ayant encore ;t son service la magic d'une inti me Iumiére, telles ou telles pages si génialement vivantes dl!Michelet, n'offriraient-ils pa'- un passionnant moyen d'enseignement du passé, de la tradition dont la patrie s'est faite, est sortie peu .'t peu? Cette évocation du génie de la France laisserait-il froid, sans poignante émotion, un S!.!udl e ses enfants? Les étapes caractéristiques de notre histoire peuvent être figurées synthétiquement, présentées plastiquement dans leurs délinéaments essentiels, :i l'aide de conceptions :i la fois sur la frontière de l'allégorie et des faits réels; en un mot, de l'allégorie puisée à sa naissance, à sa source même, en train de prendre son essor naturel, encore assez prés de ses origines pour en avoir gardé toute la YiYifiantcsève, de l'allégorie encore langue Yivante et 11011 langue morte au service de la simple abstraction:\ réaliser co11Yc11tio1111ellcmcnt. Pour nous faire comprendre de notre mieux, nous comparerons cette allégorie telle que nous l'entendons.\ ces généralisations opérél!s immédiatement sur les faits eux-mèmes, grke :i une espéce de p!.!rspective imaginative, par les metteurs en scénc de nos rcprésl!ntations à grand spectacle, par les peintres en dl'.:corsde ces 111..'.lmrecsprl'.:scntations, aussi par les peintres de panoramas ou de grandes machines, dites d'histoire (en prenant cette derniére appellation dans son meilleur sens, nettement hostile au poncif <lel'école des De,wx-Arts et de l'Académie aycc son annexe l'l'.:colcde Rome). Afin de préciser tout ;\ fait, constatons que les portraitistes de haut YOI ne procédent pas autrement que nous disons, dans le rendu typique, caractéristique, de leur modclc. Or, portraits de collectivités ou d'in!lividus, au point de vue psychique qui nous occupe, c'est tout un. En rfsumé, à nos yeux, si l'allcgorie classique est archi-uséc, I2

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