r72 LA REVUE SOCIALISTE même. C'est clic-même qu'il s'agit de résumer ;'t clic-même. C'est le tout qu'il y a à rendre éloquemment compréhensible à chacun. C'est le superbement synthétique composé qui <loit faire vibrer les composants a un unisson les reliant en une ,·ision comme en une pensée commune, les faisant véritablement même peuple et non plus groupement de hasard, cohue de circonstance. Con11nis-lotoi i-mème, avait inscrit la sagesse antique au fronton du temple de Delphes. Un moraliste pénérant, un psychologue profond doublé d'un philosophe supérieur, a dit aussi : « La seule chose dont on ne sc lasse jamais, c'est d'apprendre. » Cc sont ces deux points de YUCculminants <lel'intellectuel humain que nous aYons à confondre en une synthèse viYifi:111teL.a sentence et l'aphorisme ramenés à une seule et même orientation nous offrent la naie et solide base sur laquelle 11ousarnns à faire reposer notre esthétique de spectacles publics, notre art des fêtes démocratiques. La marge est immense, l'horizon que nous serons a même d'embrasser à peu prés illimité. En effet, si la manifestation de l'existence d'un peuple à traYcrs l'espace et le temps est son histoire, le plus haut mode d'expression de la démocratie est l'humanit..'.:, la prodigieuse humanité conçue depuis le plus enfoncé, le plus noyé de nuit du passé jusqu'au plus inassignablc prolongement de l'a,·cnir. La démocratie est homme au sens du Yersde Térence : Riendecequi est !J11mni1ii1esaura.illui èlre élrn11ger. L'histoire que la démocratie a à dresser en sa marche séculaire est celle que Condorcet a si parfaitement défi.nie, le Tnblea11 bisloriquedesprogrèsde l'esprit lm111n.i11. Il est difficile de faire entrer plus de choses en moins de mots. Et, cependant_, tout est bien à sa place ici, rien n'y est arbitrairement emprisonné, rien ne cherche;\ s'échapper, à déborder. On sent l'unifi.antcharmonie des moules bien Yenus, des matiércs fécondes, vivantes par clics-mêmes et capables d'engendrer la Yic, ~e qui est le dernier mot de la loi vitale. Le caractére de toute fête républicainement populaire est impliqué par les deux principes, en quelque sorte organiques, posés ci-dessus. Ces fêtes ne doiYcnt être, pour ainsi dire, que leur mise en œuvrc sous forme de spectacles. Les fêtes monarchiques, quelque nom qu'elles prennent, qu<:lquc aspect qu'elles revêtent, sont toujours plus ou moins la fête d'un seul, la fête de celui qui est tout, résumc tout en sa personne, symbolise tout : du roi. Le peuple peut être conYié, gracieusement Îm'ité à ces fêtes, appclc à y faire nombre; mais clics ne sont pas logiquement siennes. Et la preuve, c'est qu'on l'y traite à.la fois en curieux et en inférieur. La police et la troupe sont chargées de le maintenir :'tsa place, de le refouler à Jistancc respectueuse. li ressemble :'t ces Yilla-
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