LES RÉSULTATS DU SYSTÈME MÉLINE rations des Chambres <lecommerce. Quand il s'agit de céder aux revendications pécuniaires de la démocratie, de réformer notre n:gime fiscal, <l'imposer les riches, l'avis de ces groupements prend aux yeux des gouYernants une Yalcur décisi\·e. On se sou\·icnt du retentissement donné jadis à la consultation sur l'impàt du revenu. Faut-il, au contraire, juger un régime douanier, les Chambres de commerce, qui pourtant posscdent en cette matil':re une bien autre compétence, n'ont plus ,·oix au chapitre. Leur opinion tombe dans le Yidc. C'est à des corps plus réactionnaires encore - si possible - qu'on s'adresse, aux syndicats agricoles, aux cli,·erses associations où le petit cultivateur n'est pas écouté, où la décision, comme le montrait r-:cemment Pelletan (r), appartient aux ducs, marquis, comtes, Yicomtes, barons, etc., étc. Nous aYons parcouru les rapports <l...:sChambres de commerce depuis 1892 : nous y a\·ons trou,·é l'expression toujours forte <les maux qui pèsent sur nos marchés. Le rapport <le Reims, en date du 27 déc...:mbrer 891, est caractéristique : nous y apprenons que de grands établis -:ments de fabrication lainicre ont dù être mis en vente et n'ont été payés qu'au dixième <leleur \'aleur. Les rapports de Paris, les discours de M. Delaunay-BellcYille, reproduisent les m.'.:mes plaintes contre le n':gime <le 1892. Le bulletin mensuel <lel'office du tra\·ail n'est pas moins instructif. De numéro en numéro, l'on y recueille des illustrations frappantes des conclusions que nous avons soutenues. A Fourmies, en mai 189..J., 6 fabriques de laine sont contraintes de fermer. Une autre qui contenait 120,000 broches, et qui avait coûté deux ans aupararnnt 800,000 francs, n'a trouvl'.:acquéreur qu'à 265,000. A la Capelle, dans la même rl'.:gion,une filature d'une Yaleur de 800,000 francs aussi, a été ,·endue I 20,000. Rappelons encore - pour terminer - le discours si comment!'.: du citoyen Flaissiéres, maire de Marseille, au préfet Clcftie, depuis destitué (juin I 896) : << M. le Préfet, je souhaite qu'au cours de votre administration, vous vous fassiez une idée exacte des désordres produits dans notre ville par le système protectionniste. «Je souhaite que vous fassiez connaitre au gouvernement qu'ilest temps enfin de renoncer à un régime qui ne protège personne - la situation agricole est là pour le démontrer - et qui, d'autre part, accable les villes, comme Marseille, en ruinant leur commerce. » Comment douter de l'exactitude de ces assertions confirmées par tant de statistiques? Marseille souffre comme Cette, moins encore que (1) Discussion du projet Co.:l1ery (Chambre, juillet 1896).
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