" LES RÉSULTATS DU SYSTÈME MÉLINE 157 pourrait appeler l'évaporation de sa flotte, mais clic continue a user, pour ses transports, des navires battant pavillon étranger. Tout récemment encore, la Compagnie transatlantique de Hambourg signalait son activité en créant une escale .\ Cherbourg, et nul doute qu'elle ne pan·icnnc à drainer une parcelle de nos sorties. Pendant que notre marine s'émiette ainsi graduellement, les autres nations maritimes, stimulées par des pouYoirs publics moins inintelligents ou par des législations douanieres moins féodales, déveYeloppent sans relâche leur puissance. Nous ne signalerons que deux exemples, mais ils sont significatifs, parce qu'ils sont empruntés à des peuples qui n'ont cessé de nous disputer la prééminence sur les flots, qui l'ont emporté sur nous, et qui peuYent aujourd'hui largement célébrer leur triomphe. Additionnons, pour l'Allemagne, les navires à voiles de plus de I 5 et les Yapeurs de plus de 22 tonneaux : nous obtenons des totaux qui atteignent : En 1891 ... 1.320.721 tonneaux. 1 En 189> ... 1.511.57-1- tonneaux. En 1894. . . 1 . 522. 05 8 tonneaux. Certes une comparaison de ces chiffres avec ceux cités pour la France ne saurait être prise en valeur absolue, puisque les bases d'évaluation ne sont pas identiques; il n'en reste pas moins qu'en confrontant les situations respectives de ces deux États aux dates 1890 et I 894, on trouye pour notre pays une réduction de 6 °/ 0 , et pour l'Allemagne une augmentation de II 0 / 0 • Veut-on encore d'autres statistiques plus courtes et aussi concluantes? Alors que nous perdions plus de 8,700 tonnes de 189--1à 1895, l'Angleterre gagnait près de 202,000 et l'Allemagne plus de 92,000. Grâce au protectionnisme, nous sommes immobilisés au troisième rang pour la navigation à Yapeur, et relégués au huitiémc pour la navigation à voile après l'Angleterre, les États-Unis, l'Allemagne, la Norvège, la Russie, la Suède, l'Italie. On reconnaitra que la France avait quelques titres à lutter avantageusement avec les trois dcrnicres puissances, au moins. Attendons-nous, si M. Méline prolonge sa dictature économique, à passer aprcs la Suisse, la Serbie et le Montenegro. VII LES PRIX Les producteurs et, en particulier, les agriculteurs, dont les champions du tarif prétendaient défendre les intérêts avec tant de souci,
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