La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE CarJiff, Liverpool, Hull qui, à eux seuls, en douze mois, croissaient Je 2,500,000 tonnes ! Un fait suffit ;'t montrer toute l'étendue de notre recul dans la table de la na,·ig:ition; en 1890, les deux ports allemands les plus importants battaient nos Jeux premiers cntrcpàts de 800,000 tonnes (6,900,000 contre 6, roo,ooo). En !89..i., leur a,·ance saute à 1,700,000 (8,300,000 contre 6,600,000) : clic s'est plus que doublée. YI LA ~!ARI~E MARCHA~DE La marine marchanJe a naturellement suivi la même marche descendante que le mouvement général des échanges; clic a subi les mêmes atteintes que nos centres maritimes. Depuis longtemps frappée dans sa prospérité, dans sa croissance, clic a précipité encore sa décadence sous le régime de 1892. D'année en année, son tonnage total a décliné, pendant que nos riYaux ,·ictoricux, les Anglais, les Américains, les Allemands, les Hollandais, les Norvégiens multipliaient leurs batc:iux c:ibotcurs et leurs naYircs de longue naYig:ition. En r890, nos bf1timcnts de plus de 2 tonneaux jaugeaient, tous réunis, 9.J..J.,OOOtonnes; cc chiffre tombe à 905,606, en 1892; à 895,423, en 1893; A 890,539, en 189-1-.C'est dire qu'au total nous avons perdu sur les unités que recense le tableau de commerce près de 5+,ooo tonnes ou 6 1/o en cinq ans. Et le mouYcment ne s'arrête point : en r895 encore, notre marine à voik de plus de 50 tonneaux a baissé Je 1,1 ï 1, et notre marine à Yapcur de plus de 1 oo tonneaux diminuait de 7,585. L'Allemagne ajoutait 16 Yapeurs ;t sa flotte, tandis que nous en retranchions 2 à la notre. En étudi:int les trois rubriques sous lesquelles nos statistiques classent la marine marchande, l'on apprend que, de 1890 à 189-1-, le cabotage propremeut dit s'est réduit (95,601 tonnes en 1894- au lieu Je 106,3-1-7), que la uavigatio11 d'Europt a légèrement progressé (198,939 au lieu de r8..i.,8ro) - mais que la ,wvigrt!ion bars d'Europe, de beaucoup la plus importante, est en proie à une dépression ininterrompue. 4ï2 •752 tonnes 1 425 .495 - 41 ï. 109 tonnes 407. H3 Cette diminution de prcs de q 0 / 0 n'a rien, d'ailleurs, qui Join; étonner, si l'on songe à la graYité de la crise de l'export:ition. La francc n'a rien gagné sur ses ri,·:iux; non seulement clic n'a pas n'.:ussi à ralentir, par l'élargissement des débouchés, ce qu'on

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