q8 1A RE\'CE SOCIALISTE proportion sur la quotité des ach:its. Li France consomme en moyenne r 20 ou 125 millions d'hectolitres, soit 15 ou 20 millions de plus qu'une récolte ordin:iirc. Il en résulte qu'entre nos import:itions et ln production n:ition:ile il y a une relation \ peu pn:s .:onstante, déterminée par nos besoins quasi-in\':iriables; nous disons : :\ peu prés, p:in:e que Li spécubtion, ici comme p.utout, \'ient fausser les données du problcme. Les tarifs dou:iniers, quelle que soit leur rigueur, ne pourront empèchcr l'entrél· des bll'.:sétrangers, si notre consomnution exige son complément. D'.1utrc p.irt, les grosslS surimportations de cérl'.:alcsne sont guére .\ cr.1i11dre,en r.1ison de J'organi,.1t'on ccntralis.ltrice de Li spécuLnion des blés, que notre colLtbor:iteur Rouanet exposait .1,·ec sa lucidité habituelle d.rns l.t "' R,·u11.Soci11/islc » de nO\l'.mbre 1890. Or, Ln 1891, notre sol 11\1rendu que ïï million-; d'l1l.ctolitres; nos import:itions sont montt·es .\ 23; en 1891, l.1production e\t de 91, les import.nions tombent.\ 15; en 1895, l.t production .llteint le chiffre considérable lk 119: on conçoit que l'importation soit descendue .\ un chiffrl'. minime. Les rl'.:ductions d'entrl'.:e prl'.:sentl'.:eps:ir les\ ins ne s'expliquent pas autrement; pour sati-.1'.1ireaux goùts tk notre comomm.uion intériL·ure et de notre clil·ntèlc de l'étr.rnger, nous .1,·ons besoin d'.1chetcr sur no., frontiére'> méridion.tles un certain nombre d'hectolitres. C'est folie de croire que les LHifs dr.1coniens institués en 1892, som l.t pre-.sion de certains Yiticulteurs, puissent \'errouiller .1hsolument notre territoire. Les « murailles de Chine» des n.nions ci,ilis1:l'Smodernes ont toujours leurs brèches. Si l'on ,·em bien discerner l'effet des droits nou\'eaux dans nos st,lli'>tiques, il f.nn confronter import.Ilions et export:itions. On \'err.1 que nous :i,·ons .1cquis, en 1893, 80 millions, et en 1891, 9.1 millions de Yins de moins qu'en 1890: ce déficit se retrOU\'C p,1rtielleme11t aux entrées. Pour le reste, Li diminution est imputable aux excellente<, récoltes de 1893 et de 1891 (50 et 39 millions d'hectolitres). Et l.t rel.nion entre l.1production li l'importation est si ex.1cte, si précise ici, que la nun,·aise Ye11d.1n~dee 1895 (26 millions d'hl'.ctolitres) s'est imrnédi.ltement tr.1duitc par un relc- \'elllent énorme de nos entrées pendant les quatre premiers mois de 1K96 (136 millions de fr.rncs au lieu de 65 pour 1.1 période correspondant de 1895); si les autres mois de cet exercice apportent des tot.1ux aussi forts, nous dépasserons .100 millions, c'est-.\-dire le chiffre le plus éle\'é des cinq dernières .tnnées. Pourrait-on donner une preu\'e plus irrUr.1gable de l'impui~s.rnce du protectionnisme? Nous ,·errons, au surplus, que les terres pl.rntl'.:esde Yignes, p:is plus que les terres emblaYées, n'ont déYeloppé leur superficie sous le régime des nou\'eaux t.1rifs.
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