l 32 LA REVUE SOCIALISTE tique de o fr. 60, contemporain de la suppression de l'échelle mobile, une taxe de 3 francs par quintal. Par la loi du 9 mars 188ï, cette taxe a,·ait été portée;\ 5 francs. Dans d'autres catégories de nos importations, on a\'ait atteint, en 1884, les sucres de betterave, et doublé en 1885 les droits sur le bétail. Le parti protectionniste pouvait donc se fonder sur des arguments historiques, sur des précédents réitérés, quand le 20 janvier 1890, M. Méline invita la Chambre i élire une commission de 55 membres pour enquêter sur le régime commercial. Cette commission qui fut nommée le 28, attestait par sa composition, - 39 protectionnistes, 8 libre-échangistes, 8 hésitants, - les opinions de la majorité. Il ne fut plus permis d'en douter après la chute du cabinet Tirard (19 mars), et l'élévation des droits sur les riz. Au début de la session extraordinaire de 1890, le gouvernement déposa son projet de tarif général. Hùtés par les appétits impatients des protectionnistes, les débats s'ouvrirent i la Chambre fin avril 1891, pour se clore, le 18 juillet, par le \'Ote d'un tarif plus élevé (38ï voix pour, r 10 contre). Au Sénat, on accéléra encore. Le nouveau système économique, qui allait porter la ruine dans d'innombrables ateliers, passa plus facilement que la moindre réforme sociale. L'assemblée du Luxembourg ne consacra même pas un mois a l'examen du texte qu'on lui soumettait, et la minorité hostile fut infime (210 Yoix pour, 10 voix contre) : il est vrai, que, dans cette enceinte, la grande voix indignée de la démocratie sociale ne pouvait se faire entendre. 11 serait probablement superflu de résumer les débats parlementaires. Les protectionnistes formaient une telle masse, un amalgame si solide d'intérêts égoïstes et hypocrites, qu'ils noyèrent les représentants de la liberté des échanges. Que ceux-ci vinssent combattre les tarifs au nom de la vie prolétarienne, ou qu'ils se bornassent i exposer les lieux communs des Manchestériens, ils étaient sur le champ enserrés entre deux ou trois adversaires. Cc n'étaient même point des arguments que développaient les caudataires de M. Méline. Dans l'enivrement du succés escompté, ils livrerent leurs plans, dénoncérent leurs manœuYres, avoucrcnt le pacte odieux et criminel qu'ils avaient signé contre l'avenir du pays - pour l'étranglement méthodique de la foule. Du nord au midi, en dépit des dissidences politiques, on avait traité : donnant, donnant; on avait promis son vote contre un vote, vendu les droits du peuple contre les droits du peuple. Le Pas-de-Calais, la Somme, toute la France septentrionale aYaient octroyé à l'Aude et i !'Hérault la protection de leurs vins, et ceux-ci, en échange, avaient accordé la prohibition des produits manufacturés étrangers. Il est r.egrettablc qu'on n'ait pu consigner par écrit les conventions diplomatiques qu'on passa ainsi, dans les recoins des couloirs, de député
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