La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

REVUE DES LIVRES rr7 monnaie. L'auteur.arrive à la conclusion suivante : « Qua,nd un pays possède une vraie monnaie, on ne saurait par aucun moyen en maintenir en circulation ni plus ni moins que la quantité qui correspond à l'équilibre économique. » (p. 299). On pourrait en tirer la thi:se que dans un pays ayant une vraie monnaie, la quantité de monnaie s'adapte au mouvement des prix ( 1). Quant à la théorie quantitative, qui fait, au contraire, dépendre les prix des marchandises de la quantité de monnaie en circulation, elle n'est vraie que pour la monnaie ;ion échangeable contre or. Ainsi, par exemple, M. Pareto dit : « La théorie quantitative ne s'applique pas directement à la vraie monnaie, parce que l'on ne peut pas faire varier arbitrairement la quantité de cette monnaie. » (p. 1 78). Cette section du livre est intimement liée à celle qui traite des banques. Les conclusions de l'auteur sont étayées dans toutes deux par une masse de faits. Dans le chapitre sur l'épargne, l'auteur, apri:s avoir fait la critique des diverses théories sur l'intérêt, l'explique comme provenant de l'appropriation. « Si l'on veut absolument trouver une cause au loyer de l'épargne et à l'intérêt du capital, il faut chercher cette cause dans l'appropriation des biens économiques. Il est cer:ain que si ces biens n'étaient pas appropriés, il n'existerait plus de prix pour leur loyer. Les socialistes ont donc raison de dire que, qu:ind les capitaux appartiendront à la collectivité, l'intérêt n'existera plus." (p. 3 1 5). C'est justement ce à quoi nous aspirons. L'épargne deviendrait évidemment, en ce cas, une fonction sociale. Et il reste seulement i1 ri:soudre la question de savoir quel sera le meilleur économe, de la société ou de l'individu? M. Pareto est d'avis que ce sera ce dernier. Quant il nous, nous n'en dirons pas autant. En voyant les dilapidations de la bourgeoisie, ses prodigalités stupides, dues à son luxe de mauvais goût, à ses armées, à son protectionnisme, aux exactions des politiciens - si justement flétries par l'auteur ·- en voyant les destructions systématiques de richesse causées par les crises périodiques, nous sommes portés à croire que si la bourgeoisie épargne encore, malgré tout cela, c'est par simple impossibilité de faire autrement, par l'accroissement naturel des richesses qui dépasse tou:es les dépenses, les plus inutiles et les plus absurdes, par l'impuissance matérielle de ..:onsommer plus qu'elle ne consomme. Nous pensons donc que l'État le plus incapable qu'on puisse imaginer s'acquittera mieux encore de la fonction d'épargner la richesse que ne le fait la bourgeoisie. Il y a là, en tout cas, une expérience à faire : il l'expérience le dernier mot dans cette question, comme dans toutes les autres. On peut en dire aut,mt de la question économique. Mais il est encore une question de justice. L'intérêt n'étant qu'une suite de l'appropriation, il serait désirable de lui donner une autre destination, meilleure que la présente. En k considérant comme suite de l'appropriation, l'auteur lui ôte pour ainsi dire toute justification morale. - Nous sommes tout il fait de cet avis et nous ne voyons aucun mal il l'expropriation des détenteurs actuels du capital. Dans le chapitre sm les capitaux fonciers, M. Pareto reconnaît que les (1) L'auteur ue partage p:1.sentièrement cette opinion qui scion nous s'impose. Nous regrettons que Je manque de place nous empèchc de la discuter ici amplement, mais nous nous promettons d'y revenir. • 1 ...

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