La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

116 LA REVUE SOCIALISTE théorie d'équilibre économique établies par M. \.Valras. L'économie politique pure n'est pas quelque chose d'ossifié et qui ne comporte point de changement; au contraire, elle est en pleine croissance. Quant à sa méthode, c'est un instrument souple qui se prête à toutes ks exigences de la vie réelle. La constitution de l'économie politique comme scien-=c exacte pourra étre considérée, si elle :iboutit, comme une des créations les plus importante~ du dix-ncu\·ième siècle. Le volume de M. \\.airas contient encore un chapitre sur l:i théorie de la monn:iic, un sur les tarifs, le monopole et les impôts, et dans les appendices : r) Une théorie gfométrique de la détermination des prix; 2) Des observations sur le principe de la théorie des prix de MM. Auspitz et Licbcn ; 3) Une note sur b réfutation de la théorie anglaise du fermage de M. \\ïckstcad. * * * VrLFREDO PARETO. - Cours d'Économie politique, professé à l'Université de Lausanne (tome premier, 1896, Paris. - Lausanne, F. Rouge, éditeur). M. Pareto n'est pas des nôtres. C'est un indil'idualistc ù tous crins ; mais cc n'est pas une raison de méconnaître l'intérêt de ses ouvrages et le soin qu'il apporte à ses tr:waux. Cc volume commence par une exposition tres substantielle et trè, claire des principes de l'économie politique pure. L'auteur se nnge it la théorie de l'équilibre économique de M. Walras, en l'enrichissant de développements trés importants par l'étude des variations des coefficients de fabrication, de l'équilibre du change international, etc. M. Pareto introduit le terme nouveau d' « ophélimité » (qu'on pourrait traduire par « désirabilité »), au lieu de l'ancienne « utilité », qui a dans la nouvelle économie politique un sens tout subjectif. li serait à ~ouhaiter que cc néologisme acquît droit de cité dans k science, qui a tant besoin de notions strictement déterminées. L'économie politique pure indique la forme générale des phénomènes économiques; c'est l'économie politique appliquée qui les étudie d'une façon plus concrète. Elle applique les données de la théorie pure à l'étude des phé110111,:nerséels. Cette partie contient trois chapitres : I. Les capitaux personnels. - II. Les capitaux mobiliers (avec trois sections : la monnaie; l'épargne et son loyer; les banques). - lII. Les capitaux fonciers. Dans le premier de ces chapitres, l'auteur réduit la théorie de Malthus à son sens véritable, la \'érifie par beaucoup de données statistiques, et arrive à la conclusion que les mouvements de la population dépendent des variations économiques. C'est l'égoïsme des parents, mettant au monde plus d'enfants qu'ils n'en peuvent convenablement nourrir, qui est cause d'une grande partie des misi!res de l'humanité, dit M. Pareto. La procréation des hommes doit se proportionner aux besoins des capitaux personnels. L'auteur reconnaît la nécessité d'une tutelle législative de l'enfance. Une des parties les plus importantes du livre est celle consacrée à la

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